On oppose souvent management directif (avec son illustre application qui est le système
militaire) et management participatif (dont toutes nos entreprises prônent l'utilisation).
Mr Hersey et Kenneth Blanchard nous proposent une alternative intéressante: le management
adaptatif.
Le management adaptatif consiste à faire le constat que management directif et
management participatif ne sont ni mauvais ou ni bons en eux-mêmes mais que leur pertinence dépend
avant tout du niveau d'acquisition de compétences dans un domaine donné.
Prenons un exemple:
Jean Dupond vient d'être embauché comme Directeur d'un Magasin de vêtements après avoir été
gérant de pizzeria pendant quelques années.
Si on considère ses connaissances textiles, il aura sans doute besoin d'être encadré
de façon très directive pour la mise en valeur du produit, le conseil aux clients...
Si on considère son expérience en animation d'équipe, on pourra vraisemblablement lui permettre
d'être rapidement autonome.
Nous voyons donc que ce même individu va requérir 2 styles de management diamétralement opposés qui
correspondent chacun à un domaine d'application donné.
Par ailleurs, chaque style de management sera amené à évoluer en fonction de l'autonomie que la
personne présentera sur ce même domaine.
Hersey et Blanchard ont symbolisé cette réalité dans le schéma ci-dessous:
Un individu, dans un domaine donné et au fur et à mesure de son apprentissage, va successivement
requérir chacun des styles de management suivants:
Management très encadrant, peu encourageant
Dans le domaine considéré, la personne encadrée a tout à apprendre. Elle est généralement
motivée pour découvrir quelque chose de nouveau mais a besoin d'être dirigée pour
acquérir des compétences et des réflexes qu'elle n'a pas encore,
Management très encadrant, très encourageant
L'enthousiasme des débuts a tendance à s'émousser. Pourtant le collaborateur a encore besoin
de guides et aussi de motivations pour l'entraîner,
Management peu encadrant, très encourageant
Le collaborateur commence à acquérir une certaine autonomie. On peut lui confier un certain
nombre de tâches mais il faut encore souvent l'épauler
Management peu encadrant, peu encourageant
La personne encadrée a atteint le niveau d'autonomie où la délégation complète de
l'activité est possible. Dans certains cas, on peut même se passer de la féliciter lorsqu'elle
arrive à s'auto-satisfaire (niveau 4 de la pyramide de Maslow).
Souvenons-nous donc:
- un même style de management ne peut pas toujours convenir à tout le monde
- un même style de management ne peut pas toujours convenir pour toutes les activités
professionnelles d'une même personne
Je vous conseille pour terminer l'excellent livre de Kenneth Blanchard: "Le leadership ou
la minute du succès" où vous retrouverez une illustration claire et vivante des principes
énoncés ci-dessus.