Les annonces estivales,

Comme cela fait partie des pratiques gouvernementales, quelle que soit l'étiquette (sans éthique ?), juillet et août constituent la période où les pouvoirs législatifs et exécutifs décident de mesures antisociales.

Un premier exemple porte sur les enveloppes budgétaires ministérielles.
Sous prétexte de faire des économies, et payer la mise en oeuvre de certaines promesses électorales, le gouvernement envisage de ne remplacer que pour moitié, hors police et gendarmerie, les départs à la retraite.

Dans l'Éducation nationale, de 2003 à 2008, près de 222.000 départs sont programmés (personnels enseignants et non enseignants) ce qui se traduirait, si la mesure était strictement appliquée, par une perte de l'ordre de 111.000 postes !

L'état des lieux, aujourd'hui, dénonce un déficit important en postes Atoss, le recours inflationniste aux emplois précaires de tous genres et de plus en plus dégradés (MA remplacés par des contractuels puis des vacataires, ...), la mise en place discriminatoire d'une RTT sans création d'emplois nouveaux et aggravant les conditions de travail, etc . ...

Les conséquences d'une telle mesure détruiraient l'existence même du service public d'Éducation et favoriseraient sa privatisation, sans parier des répercussions sur le chômage, les retraites, le pouvoir d'achat, ...

Un autre exemple concerne la Lopju (Loi d'orientation et de programmation de la justice, nouvelle Loi Perben).

Un amendement voté rapidement devant un hémicycle quasiment vide, prévoit l'extension de la procédure de témoignages anonymes.

Ce que ; en son temps, A.Peyrrefitte n'avait pas pu mettre en place, vient de passer en douceur, sans susciter de réactions. L'exploitation démagogique des phénomènes de violence semble anesthésier tout esprit critique

La pratique de la délation est déjà un usage ancien dans l'Éducation nationale, et la protection du délateur a été, il y a quelques mois, encouragée par le Conseil d'État.

Depuis, la loi du 12/04/2000 (gouvernement précédent) portant sur les relations entre les citoyens et les administrations, protégeait, dans son article 7, les dénonciateurs en refusant la communication d'un document nominatif dès lors que sa divulgation, faisant apparaître le comportement d'une personne, pourrait lui porter préjudice. Alors que le Conseil d'État, avant cette loi, recommandait d'anonymer le dit document, celui?ci n'est plus communicable, tout en faisant partie du dossier de l'intéressé, pour éviter que la victime ne se retourne judiciairement contre le délateur !

C'est ce que l'on appelle la continuité dans le changement, que ce soit sur la forme ou sur le fond !

Daniel VANDEVYVERE