COMPTE-RENDU DE REUNION
8ème congrès Ferc Sup Lille 3 15 et 16 mars 2001

 

Une commission « enseignants » de l’enseignement supérieur et du secondaire s’est réunie durant ce congrès. Les échanges ont porté essentiellement sur la précarité, la flexibilité et… la syndicalisation.
Colette Becquet

Précarité
Le recrutement des vacataires est limité par le recours aux heures complémentaires effectuées par les personnels titulaires. Les vacataires ne sont pas intégrés dans l’Enseignement supérieur, et dans le cadre de la contractualisation de leur mission, on peut s’interroger sur le rapport que l’Université entretient vis-à-vis du droit… (des prolongements de mission hors contingent horaire de vacation…).
Flexibilité
L’allongement du temps de travail dans l’enseignement supérieur est évident. Les périodes d’examen sont sorties de la comptabilisation des jours travaillés (20 à 30 % du temps de travail pourtant).
Le suivi des stages est fluctuant selon les départements Cette fluctualité est source de surcharge de travail.
Il faudrait caler à 18 heures le temps de travail des personnels. Mais l’annualisation est cautionnée par certaines organisations syndicales. Prétexte ? L’organisation de la recherche. Les enseignants se ménagent des plages de travail… la carrière est jugée essentiellement sur la recherche.
Dans l’enseignement supérieur, on définit les premières heures effectuées comme statutaires. Ensuite, le surplus constitue les heures complémentaires. Quand un congé tombe sur ces heures complémentaires… il n’est pas dû par l’administration.
Les droits sociaux fondamentaux sont donc remis en cause : cf. les droits à congé. Les jours fériés entraînent le report des cours. Un enseignant malade rattrape aussi ses cours (intériorisation idéologique du devoir).
Les enseignants à la Cgt revendiquent d’être traités comme dans l’enseignement secondaire : les heures au-delà de l’horaire statutaire doivent être payées en heures supplémentaires. Mais dans l’enseignement secondaire, une première tentative d’alignement sur l’enseignement supérieur a été opérée par Allègre : cf.—17 % de rémunération des HS et transformation dans bien des cas d’HSA en HSE (moins rémunérées et fonction des missions ponctuelles voies de la flexibilité).
La réforme Allègre en LP a tenté la pondération des horaires dans le cadre du suivi des stages, elle a introduit la flexibilité du temps de travail par le biais des projets pluridisciplinaires, en lycée et collège elle a organisé des plages de travail flexibles par le biais des travaux croisés et travaux encadrés. En 1997, Allègre a fait recourir au remplacement interne pour suppléer aux absences des personnels dans les établissements et a banalisé le paiement en HSE des missions supplémentaires tout en aggravant les conditions d’exercice des personnels.
Finalité et organisation de l’enseignement.
En enseignement supérieur, on avait une finalité : accompagner les étudiants. Aujourd’hui, on prépare aux concours, on fabrique des travailleurs pointus. Dans les Iufm, une grande partie de la formation est universitaire et prépare aux concours… Qu’en est-il de la préparation pédagogique ?
Dans le 2ème degré, la démarche de projet a entraîné la dévalorisation de l’enseignement disciplinaire… démarche source de déqualification par conséquent.
Dans l’enseignement supérieur, on a fédéré les moyens en regroupant les filières ; dans le secondaire on a supprimé des options pour les concentrer dans des établissements, on a regroupé les formations en pôles, on a fusionné des établissements…
Syndicalisation
Dans l’enseignement supérieur, les syndicats majoritaires sont des « Etats, dans un Etat ». Le renvoi à la lutte est un moyen marketing pour pérenniser la représentativité paritaire… au delà ?
Etre dans l’enseignement supérieur = une reconnaissance qui s’intègre à un modèle… la lutte pour les droits dans ce contexte inconcevable ? Le lien est fort entre syndicalisation/avancement de carrière.
En même temps perte de confiance dans les structures traditionnelles… Des jeunes veulent « y aller » mais autrement.
Le mécontentement existe mais…
Nécessité pour la Cgt de créer des ouvertures, de tenir des assemblées… jouer aussi la carte des sympathisants…
Concluons
Nous avons beaucoup à apprendre des autres pour avancer plus vite dans l’analyse de ce qui ce met en place globalement dans l’Education nationale.
L’enfermement catégoriel nuit et favorise l’isolement revendicatif. Travailler aux convergences s’impose donc dans chaque organisation syndicale.
Mais les convergences doivent d’abord s’épanouir dans les branches professionnelles… pour ne pas se déconnecter du rapport de « classe » là où il se forme et oblige à la lutte collective.
Beaucoup de travail en perspective pour les luttes solidaires dans l’Education nationale du primaire au supérieur, entre les personnels de service, d’administration, d’éducation et d’enseignement…
Le Sden Cgt met en débat dans sa prochaine commission exécutive la réforme des Iufm… Une démarche de réflexion pour relier aussi l’analyse de toutes les réformes mises en place ; c’est pourquoi nous y invitons nos camarades de la Ferc.