URSEN CGT - ACADEMIE DE LILLE

Le 15/01/01
DECLARATION A LA COMMISSION PARITAIRE DES PLP
- promotions d'échelons -

Madame la Présidente,

 Sur le contingent des promus à la hors classe :
" Sans revalorisation de la fonction enseignante, la transformation, indispensable du système éducatif, ne prendrait pas l'ampleur nécessaire (…). Elle est un élément de motivation puissant… " C'est ainsi qu'intervenait Monsieur Jospin à la table ronde sur la valorisation de la Fonction enseignante le 18/01/89… Il était à l'époque Ministre de l'Education Nationale.
Ces belles intentions se sont traduites dans les faits par l'avancement au grade 2 des PLP : avancement sur plusieurs années par liste d'aptitude ou avancement par concours… les personnels devant refaire la preuve de leur compétence, avancement en même temps contrarié par des avis parfois défavorables ! Un comble dans le cadre d'une revalorisation salariale qui se devait inconditionnelle ; Un comble parce que de jeunes enseignants se retrouvaient malgré eux plp2 valorisés devant leurs anciens pétris d'expérience toujours plp1 et parfois leurs tuteurs. Aujourd'hui, ces intentions se traduisent par le seul avancement à la hors classe.
Soumis à contrainte budgétaire, les contingents hors classe ont fluctué chaque année de façon sensible (de 15 à 230) au gré des choix politiques aussi. Cette année, vous nous annoncez 86 promotions dont 4 arrêtées par le Recteur. Bon nombre de collègues partiront encore en retraite sans avoir accéder à l'indice terminal de la grille salariale. Vous le savez l'effectif des " hors classe " ne peut excéder 15 % de l'effectif des Plp2 " classe normale ". La Cgt n'a pas signé ce système restrictif d'avancement qui conduit aujourd'hui à l'impasse. Ceux qui ont signé peuvent avec raison aujourd'hui se plaindre des effets d'un accord qu'ils n'auraient pas dû accompagner. Quant à nous, nous revendiquons toujours le retour à des négociations salariales qui valorisent la fonction enseignante, nous revendiquons toujours la refonte des grilles indiciaires qui permettent à tous d'aboutir à l'indice terminal du grade.
L'accroissement des charges de travail et le recours constant au bénévolat ont conduit à la sous rémunération des personnels. Le rapport salaire et nombre d'heures effectivement travaillées (préparation, recherche, animation et suivi) a diminué considérablement le coût de notre travail. Il est temps d'en arrêter la courbe descendante ; le recours systématique au paiement d'heures supplémentaires ne saurait masquer la faiblesse des bases salariales sur lesquelles on s'appuiera pour calculer les pensions retraite de demain.
Sur les promotions d'échelon :
Ce n'est pas trop de rappeler l'opposition de la Cgt à des dispositions qui en 93/94 ont conduit à " geler " des promotions… Les réserves de promotions ainsi constituées devaient faire face " sans bourse déliée " à d'éventuelles contestations. C'est ainsi que certains collègues bénéficient en différé d'une promotion pourtant due. Notre revendication n'a jamais varié : payez ces promotions constatées en Capa sans retard et si des collègues constatent une erreur… payez leur promotion en plus ;
L'Ursen Cgt défend aussi chaque année des professeurs lésés parce qu'ils ne sont pas inspectés depuis plusieurs années. De même l'Ursen Cgt dénonce les inspections commandées qui sanctionnent doublement les personnels alors qu'on devrait concevoir que la double notation vise au contraire à balancer les pouvoirs et à préserver ainsi les intérêts des personnels.
Nous refusons catégoriquement les évaluations " au mérite " qui reposent toujours sur des relations subjectives sources de discriminations. Nous faisons l'inventaire des abus de pouvoir, atteintes aux libertés individuelles, qui sanctionnent pour longtemps des personnels dans l'évolution de leur carrière et parfois dès leur entrée en fonction. Nous aurons l'occasion de saisir Monsieur le Recteur sur ce sujet.
Contestation des notes
Nous constatons que le Rectorat impose une remontée immédiate des contestations de notes administratives alors même que la prise de connaissance des notes et de l'appréciation est très tardive. Du jour au lendemain, les personnels sont sommés de rédiger à la hâte une contestation qui mérite d'être construite pour préserver leur droit à une vraie défense. Nous rappelons qu'une décision administrative peut être contestée dans les 2 mois et nous dénonçons des procédés qui conduisent à restreindre, voire interdire, l'expression de défense individuelle des personnels.
Nous revendiquons aussi la possibilité pour les personnels de contester leur note pédagogique et demandons le passage de ces contestations en Capa.