COMPTE-RENDU DE REUNION : Commission exécutive du 7 décembre 2000

 

En débat : les réformes et les garanties statutaires.
Points de vue sur la mise en place dans les Etablissements.

Des constats :

En lycée professionnel :

- difficulté de mise en place d’une véritable concertation : les professeurs ont des « heures de projet » sur des plages horaires différentes ;
- beaucoup d’improvisation dans la conception des projets ;
- un contrôle tatillon des inspecteurs, des « coordinateurs »… des compte-rendus à délivrer ;
- les projets sont construits par les enseignants… élèves ne participent pas à la conception ;
- les professeurs appréhendent de reprendre leurs élèves en janvier ;
- les aides éducateurs utilisés pour « occuper » les élèves ;
- mise en place du décompte horaire dans le cadre du suivi des stages en entreprise ;
- l’investissement des professeurs est bien supérieur à l’engagement de l’élève et les résultats ne sont pas à la hauteur de ce qu’on en espère ;
- un ras le bol : les effets de la violence dans certains établissements.

En collège :

- les travaux croisés ne sont pas mis en place si ce n’est qu’à titre expérimental… L’an prochain, ils seront probablement financés en Heures supplémentaires.

En Ecole :

- La pédagogie de projets est récurrente.
- Les projets existent sur papier…

- Des projets mairie dépendants des moyens financiers et source d’inégalités supplémentaires.
- Des contrats d’aménagement du temps de travail de l’enfant avec des intervenants extérieurs qui fonctionnent sur vacation.
- Une réforme : celle de l’enseignement des langues vivantes dans le 1er degré qui rencontre des critiques : cf. critères de l’habilitation de plus en plus étendus ; cf. les exigences premières : apprentissage du français notamment ?

Des résistances

Si des personnels espèrent que les projets tomberont d’eux mêmes, ce qui économise la construction d’un rapport de forces, d’autres s’investissent dans des attitudes d’opposition :
- non participation aux réunions « contrôle » de mise en place des réformes, hors du temps de travail ; ou intrusion revendicative syndicale dévoyant l’objectif de ces séances ;
- refus dans certains Ets de comptabiliser les heures de suivi de stage ;
- refus de prendre en charge les élèves d’ici janvier… refus collectif fruit du rapport de forces établi dans certains établissements.

Nous analysons

- la politique de projet casse les contenus de formation et individualise les programmes de formation dans les établissements ;
- on définit de nouvelles compétences psycho-sociales pour les profs. Si on accepte, on sera perdant dans la définition des obligations de service et le temps de travail.
- La mission des enseignants ne peut se confondre avec celle des personnels d’éducation. Il faut réclamer la création des emplois : plus de CPE, médecins, assistantes sociales…. Et réduction du temps de travail pour ces catégories.
- La logique de projet favorise l’intégration à des normes. Elle est un véritable outil de contrôle et de gestion des « ressources humaines ».
- On individualise le rapport au travail. Dans l’Education Nationale, il faudrait mieux connaître les missions de chacun. On individualise aussi les souffrances. C’est une stratégie institutionnelle qui enferme les personnels dans « un problème qui serait personnel ». Le harcèlement au travail résulte aussi de la difficulté à construire les solidarités.
- La précarisation et l’individualisation des rapports sont des freins pour engager une démarche collective revendicative.
- Dans les entreprises, le changement des modes de production a entraîné la définition des projets… à méditer sur les changements qui s’opèrent dans l’Ecole…
- On remet en cause l’acquisition des connaissances, domaine du savoir ; on nous demande d’apprendre à « Savoir Etre », à « Savoir Faire »… des pré-requis pour faire de bons travailleurs ?
- La logique de projets a pour vocation d’optimiser les moyens et elle discrimine sur la base des besoins individuels.
- Les programmes deviennent indicatifs ; les inspecteurs invitent à la simplification en direction des élèves les plus faibles… les programmes deviennent finalement des projets qu’on décline selon les établissements.
- Le règlement intérieur paru au BO évalue aussi les compétences sociales… ce n’est finalement pas bon pour les élèves non plus.
- L’école : un lieu de résolution de la crise capitaliste ? Quels projets d’intégration ? Quelles missions dans ce cadre assigne-t-on aux personnels de l’Education Nationale ?
- Les contrats éducatifs locaux : mutualisation et rentabilisation des moyens.
- Il s’agit d’occuper les gamins avec un minimum de fric en même temps des surcoûts dans les équipements informatiques… coûts démagogiques qui calment les jeunes. Incompétence dans la gestion des budgets si il s’agit vraiment d’instruire.
- L’enseignant est la cible. L’Administration conflictualise les rapports ELEVE/PROF/PARENTS, met en opposition

Des questions et une conduite syndicale à définir :

- Quelle attitude syndicale ? Faire appliquer décemment ? Refuser ? Les heures de projet sont dans les emplois du temps et sont donc des obligations de service.
- Ne faut-il pas plutôt partir des attentes qui s’expriment ? Intéressant le travail interdisciplinaire ? Valorisant la conception d’un projet ? Sortir du train-train, faire ce qu’on aime… Besoin de vraies possibilités de concertation ? Faire autre chose : en discuter ?
- Des charges de travail nouvelles : refuser le bénévolat ; recentrer sur la mission d’enseignement ; revendiquer la formation continue et des salaires qui correspondent à l’évolution des qualifications.
- Imposer la liberté d’investissement pédagogique : des projets, si on veut, quand on veut, avec qui on veut.
- Faire des propositions et organiser des heures d’information syndicale pour en débattre.. nous ne pouvons pas nous enfermer dans une attitude de refus qui nous marginaliserait. Faire émerger les revendications.
- Etre lisible… nous devons nous positionner clairement. Donner des repères revendicatifs : qualifier et quantifier les moyens ; préciser notre conception de l’école…
- Défendre les garanties statutaires, les élargir… Ce qui ne vaut pas acceptation d’une partie des nouvelles dispositions statutaires que nous avons combattues au printemps.
- Diminuer d’abord la présence face aux élèves pour une première réduction du temps de travail.

Proposition d’une adresse aux personnels pour faire débattre et remonter des revendications portées collectivement. (diffusion massive en janvier).

L’action du 19 décembre  : valorisation du pouvoir d’achat.

Une provocation ministérielle : un relèvement de 0,5 % des salaires ! Nous n’avons pas été en capacité de mobiliser dans l’action le 21 novembre.
Décision de mener campagne pour le long terme et faire pétitionner sur la revendication + 10 % tout de suite pour le relèvement des salaires.
Dans l’immédiat appel à la grève du Sden le 19 décembre… voir tract et pétition dans info Ursen.