Préparation de la rentrée 2001 en L. P.

Le ministère fait le constat d’une très forte baisse des effectifs de l’enseignement professionnel.. Il faut dire que les orientations successives y ont fortement contribué : orientation volontariste en seconde générale, ou seconde d’adaptation, encouragement des régions au développement de l’apprentissage, fermeture de sections professionnelles, aide à l’enseignement privé… etc…

On s’appuie sur ce constat pour passer de la notion « de lycée d’enseignement professionnel » à celle « de lycée des métiers ». Il s’agira « d’accueillir des publics divers, élèves et apprentis en formation initiale, adultes en formation continue ». Il s’agira aussi de « proposer aux élèves des modalités variées d’accès à la qualification et à la certification professionnelles ».

La finalité clairement affichée de la préparation à un métier, réduit les ambitions de formation des jeunes qui en LP se voyaient offrir un cadre de référence beaucoup plus large pour s’affirmer demain comme des adultes pleinement responsables.

L’amélioration « de la fluidité des parcours », « le développement des sections d’apprentissage », la mise en place de préparations à l’accès des bacheliers professionnels en BTS/DUT, le recours à des modalités personnalisées d’accès à la qualification multiplient les parcours de formation à encadrer et les intervenants extérieurs.

Cette orientation qui nous interpelle sur les finalités des missions de service public du système éducatif de demain, vise aussi à transformer sur le fond et dans la forme les services des personnels. Les entreprises impliquées dans l’apprentissage, les contrats d’insertion professionnelle et de qualification, n’ont pas aujourd’hui l’emprise qu’elles souhaiteraient avoir sur le contenu des formations que nous dispensons en lycée professionnel. Elles ne profilent pas non plus la même silhouette aux salariés qu’elles entendent recruter et intégrer à leur stratégie de développement souvent en opposition avec les intérêts des salariés en matière de salaire, de formation continue, d’emploi.

Par ailleurs l’accueil du tout public en un même lieu de formation n’est pas sans conséquence sur l’organisation des formations et les services des personnels. On comprend mieux pourquoi il faut flexibiliser le travail des personnels, annualiser leur temps de travail …

Dans ce contexte le recours massif aux contractuels, vacataires, voire les aides éducateurs pour remplir les missions d’enseignement et d’éducation prend toute sa pertinence. En effet, les personnels précaires sont plus démunis pour faire respecter des garanties statutaires dont ils ne bénéficient pas ! L’an prochain 1 900 contractuels dans l’Académie de Lille !

Ce qui se met en place dépasse les revendications portées l’an dernier par les personnels. Contre la mobilité, la flexibilité, l’annualisation… pour l’amélioration des conditions de travail, la stabilité des emplois… Aujourd’hui, il faut ajouter la défense du Service public de l’Education Nationale, avec ses valeurs d’égalité d’accès à la formation, son respect des jeunes qui ont le droit à un autre avenir que celui de coller à des objectifs professionnels limités au profil d’un emploi, dont les contours par ailleurs fluctuent sans cesse.

Les principaux aménagements des grilles horaires qui prennent effet à la rentrée 2001 pour les classes de secondes professionnelles et les 1ères années de baccalauréat professionnel confortent la place des projets pluridisciplinaires dans la formation. Si la divisibilité du volume horaire annuel semble favorisée, le ministère rappelle « que cela n’implique nullement une organisation hebdomadaire ». Quant aux heures de concertation, elles sont amputées sur « le volume global horaire consacré aux PPCP. »… « les heures éventuellement libérées lors des périodes en entreprise pourront également être valablement utilisées à cet effet. » On le voit le ministère ne renonce pas à optimiser la force de travail des personnels et à les conduire progressivement à l’organisation flexible de leur temps de travail… Dans les Etablissements, il est temps de produire les bilans sur ce qu’apporte aux élèves une formation disciplinaire allégée, et une dynamique de projet qui conduit à un aménagement flexible de leur temps de travail.

C.B.