Echo des luttes
Précarité : résorber par le vide

Au collège Elsa Triolet de Hem, l'Éducation nationale annonce brutalement mettre fin aux fonctions de tous les contractuels à partir du 15 juin 2001, alors que les cours ne sont pas terminés, au Lycée Eiffel d'Armentières c'est un poste d'agent et 26 Contrats emplois solidarités qui sont supprimés... Motif de ces 26 suppressions de CES : résorber la précarité ! Motif annoncé par la DAPEC pour justifier l'ajournement des contractuels à Elsa Triolet : " à cette date il n'y a plus d'élèves dans les établissements scolaires ".
Dans les deux cas, nos camarades de la CGT (du SDEN et du SGPEN) ont mené la lutte pour informer de ces décisions iniques et obtenir d'autres perspectives. Au collège Elsa Triolet, ils ont été rejoints par les autres organisations syndicales (CFDT, FO et la CNT). Au Lycée Eiffel d'Armentières, une grève a été bien suivie le 7 mai par les CES, les agents et les enseignants avec rencontre au rectorat. Une collecte a été lancée et élargie à d'autres établissements dont le lycée Paul Hazard afin d'aider les CES en grève. Le 17 mai, avait lieu une opération " Lycée mort " ce qui a permis une large diffusion de l'information. Le député de la circonscription, Yves Durand, s'est alors engagé à organiser une réunion avec toutes les parties concernées sans que cela se soit concrétisé depuis...
Le 6 juin, le personnel de Eiffel organise un " pique nique revendicatif " devant l'établissement et l'après-midi une délégation est reçue au Rectorat menaçant de perturber les examens (un argument de poids !).
Un premier bilan de cette mobilisation : " sauvetage " de onze C.E.S. sur 26 suite à des tractations inter-établissements, un collectif budgétaire devrait permettre au lycée d'obtenir des C.E.C. (contrats emplois consolidés). Mais pour concrétiser ces éléments un nouveau préavis de grève sera déposé pour la rentrée...
La titularisation de tous les C.E.S. du lycée reste la revendication centrale...
Ces deux luttes, auxquelles s'ajoutent des débuts de mobilisation d'emplois jeunes de plus en plus nombreuses, nous conduisent à réévaluer notre engagement au côté des précaires.
C'est le combat de ce début de siècle puisque, loin de se résorber, la précarité augmente sous des formes nouvelles. Que chaque section, chaque militant isolé fasse le calcul de la part prise par les contrats précaires dans son établissement, dans la Poste au coin de la rue, dans l'atelier ou le commerce, les services hospitaliers et sociaux où certains élèves suivront des stages...
De nombreuses structures, de l'aveux même des directions, ne fonctionneraient plus sans les C.E.S., C.E.C., emplois jeunes, vacataires, maîtres auxiliaires, contractuels, CDD, stagiaires ou intérimaires... Il y a donc eu substitution de l'emploi statutaire ou défini par des conventions stables, par de l'emploi " aidé " ou " fragilisé " alors que ces dispositifs avaient été présentés comme " provisoires ". Ces constatations sont également à mettre en lien avec les propositions scandaleuses faites aux " aides éducateurs " puisqu'aux titulaires d'une licence, il est proposé de devenir enseignants " contractuels ".
Les camarades qui en ont fait l'expérience, peuvent témoigner qu'une fois la chape de peur qui maintien la pression sur ces précaires, disparue, ceux ci retrouvent une combativité à faire pâlir nombre de doctes stratèges de la lutte des classes... Les luttes à venir devront impliquer cette question de la précarité qui tient lieu d'emploi pour de plus en plus d'ex-chômeurs ou de jeunes.