Commission Exécutive, 10 mai 2001

William Roger, professeur au LP Tourcoing Le Corbusier a introduit les travaux de la Commission Exécutive.

Ordre du jour: Réforme des Iufm

La réforme des lufm ... introduction (extraits)

Lang a présenté le 27 février son " plan de rénovation de la formation des futurs enseignants ", aboutissement d'une réflexion entamée au ministère depuis l'arrivée d'Allègre en 1997.

L'objectif du ministère peut être résumé ainsi pour que les nouveaux enseignants soient en capacité de gérer les " nouveaux publics (sous-entendu " difficiles ") que l'on trouve dans nos établissements, il faut renforcer la dimension " professionnelle " (par opposition à disciplinaire) de la formation.

Rappelons-nous la réflexion d'Allègre qui se demandait s'il était vraiment utile que les profs en sachent beaucoup plus que leurs élèves...

Pour l'instant, le plan Lang porte essentiellement sur les concours eux-mêmes et donc sur la préparation aux concours (la 1 ère année d'iufm et non pas sur la formation proprement dite après concours (la 2 ème année d'iufm Sur la 2 ème année, un comité d'expert présidé par Philippe

Meirieu doit rédiger un " cahier des charges "…

La place grandissante du professionnel

Lang crée un " Haut Comité de Suivi des Concours " dans l'objectif de modifier les épreuves des concours. Dans quel sens ? L'augmentation de l'importance du professionnel au détriment du disciplinaire. Alors que la dimension professionnelle ne devrait apparaître que dans l'année de formation des professeurs stagiaires (une formation qui pourrait même s'étaler sur deux ans, comme le propose la CGT), de plus en plus cela devient un élément de sélection des futurs enseignants.

Cela passe en particulier par l'augmentation de la place accordée à l'épreuve dite " pré-professionnelle " dans les concours du second degré. Cette épreuve introduite par Jospin en 1992 est rebaptisée " entretien avec le jury ". Elle vise à " apprécier la motivation du candidat " ; elle sera l'occasion d'un " entretien libre sur son expérience de stage (...) sur sa connaissance du système éducatif ". Le Capes d'anglais a ouvert la voie : avant 2000, cette épreuve comptait pour 1/5ème de la note globale, aujourd'hui elle compte pour 1/3ème de la note, autant que toutes les épreuves d'écrit !

Les stages obligatoires

L'épreuve pré-professionnelle au concours est justifiée par ailleurs par l'obligation faite aux candidats d'accomplir un " stage de sensibilisation au métier " puisqu'ils seront interrogés dessus. Ce stage d'une durée minimale de 20 heures se fera pendant l'année de licence, ou, à défaut, pendant l'année de préparation au concours. Outre que la mise en stage d'autant d'étudiants s'avérera difficilement gérable, l'obligation de stage est?elle acceptable ? Tout à chacun doit pouvoir passer le concours sans que soit exigé autre chose que le niveau d'études requis.

La modification du calendrier des concours

Pour réduire l'impor tance du disciplinaire, une deuxième technique consiste à réduire le temps de préparation consacré aux épreuves d'admissibilité (les écrits), qui portent exclusivement sur les savoirs disciplinaires, pour que les candidats passent plus de temps à préparer les épreuves d'admission (l'oral), et en particulier l'épreuve " pré-professionnelle " : cette épreuve là est au demeurant la seule épreuve qui est difficile pour tous les candidats "libres ", c'est à dire non inscrits à l'lufm ou qui n'ont pu suivre les cours. Cela renforce donc objectivement le rôle de l'iufm dans la préparation des concours. N'est ?ce pas un moyen trouvé par le ministère pour faire face à cette réalité : aujourd'hui, 80 % des étudiants de première année d'iufm ne réussissent pas le concours qu'ils préparent. Et, à l'inverse, énormément de lauréats (jusqu'à 40 % pour le Capes) n'ont pas suivi la première année de préparation à l'lufm, échappant ainsi au " formatage " lufm. Lang a donc choisi d'avancer les dates des épreuves d'admissibilité des concours Pe, Capet, Caplp, Capeps, concours Cpe, ainsi que pour certains Capes. S'il n'a pas été plus précis pour les concours du secondaire, il a annoncé la réforme immédiate du concours Pe.

Le nouveau concours PE

Il sera mis en place dès 2002, c'est à dire pour la session 2003 ? Comme nous l'a laissé entendre le Directeur de l'lufm Nord-Pas-de-Calais ou plus tôt ?

Les épreuves d'admissibilité auront lieu en décembre ou en janvier et elles auront simplement pour fonction de tester la culture générale des candidats dans deux disciplines : Lettres et Sciences. Ainsi la première partie du concours remplace les tests de sélection à l'entrée à l'lufm qui existent aujourd'hui dans nombre d'académies. II y aura d'ailleurs plusieurs concours PE par an, les concours se passant désormais à des dates différentes. Quant aux épreuves d'admission, toujours basées sur l'oral, elles pourront comporter des épreuves écrites, mais se passeront toujours aux mêmes dates (juin) : cette première année lufm sera donc en réalité plus courte, ce qui est préjudiciable à la dimension disciplinaire de la formation. Par ailleurs, par cette réforme, les Iufm auront en réalité en première année un nombre plus restreint d'étudiants, l'essentiel de l'année se passant avec les admissibles au concours. Les épreuves d'admissibilité pourront en outre être préparées hors des Iufm
Enfin, les candidats au concours de PE devront, pour la session 2004, être titulaires d'un certificat de langues de l'enseignement supérieur (CLES) niveau 2 ou d'un diplôme de compétence en langues (DCL) niveau 3. A noter que Lang a indiqué qu'à l'avenir (quand ?) les candidats des autres concours devront aussi posséder un tel certificat !

Le débat en commission exécutive (synthèse)

Contenus de formation " métier " d'enseignant

Le retrait du disciplinaire est dramatique... cf. les nouveaux programmes en histoire géographie.

II y a des désaccords sur les contenus à transmettre. Mais un enseignant compétent n'accepte pas de dévaloriser son enseignement..

L'enseignement est " marchandisé " : il faut apprendre à apprendre... (cf. Allègre). Derrière cette notion : déqualification du métier d'enseignant..

Face à la crise sociale, on nous fait jouer un rôle d'éducateur : est ce notre mission ?

On recourt à la pédagogie de projet qui entraîne un surinvestissement au travail.

Dans ce contexte, on n'hésite pas à recourir aux intervenants extérieurs déconnectés de la pratique des personnes qui pensent qu'ils savent faire aussi.

Le recours à l'outil informatique contribue à la dévalorisation de l'enseignement :l'enseignant devenant " un médiateur et animateur "…

Le problème essentiel : la lutte contre l'échec scolaire ; jamais au cœur des réformes qui ont instauré des couloirs dont on ne peut pas sortir.

Formation des maîtres

Le pré-requis scientifique est nécessaire. Laisser les universitaires développer les bases scientifiques.

Enseigner, c'est mettre aussi des contenus à la portée des élèves. Transmettre est aussi une difficulté ; la formation pédagogique est donc importante.

Nos exigences : une formation en 2 ans après le concours et une formation continue qui réponde aux besoins des enseignants : les priorités du Plan de formation académique 2000/2001 se concentrent sur l'accueil des " néotitulaires " et la maîtrise des techniques de communication. Le repérage des besoins se fait au travers des rapports d'inspection (cf. les publics désignés), on élude les besoins réels des personnels.

On nivelle les formations sur le bas. En même temps, qu'est ce qu'être pointu, quand on est bivalent, voire polyvalent. Mais il existe aussi des licences pluridisciplinaires qui s'adaptent au capes.

Les ENNA ont été de vrais laboratoires de formation. Aujourd'hui les lufm " formatent " et infantilisent.

"Balancer les stagiaires 6 heures/semaine dans une classe une ineptie".

L'iufm ne forme pas à la pratique pédagogique et des exigences disparaissent sur le plan disciplinaire. Cf appauvrissement des référentiels.

Influence de. l'intégration européenne sur les contenus de formation ?

Recrutement des maîtres

Recrutement Bac + 4 ? Les universitaires " défendent leur bout de gras ", et l'exigence est élitiste.

Mais le contenu des épreuves doit être avant tout disciplinaire.

Le concours doit être national pour garantir l'égalité d'accès à la fonction publique. La réforme tendrait à recentrer nationalement les formations actuellement éclatées et soumises aux logiques de pilotage académique.

L'imposition de la maîtrise d'une autre langue annoncée pour le ter degré est ségrégative. S'y opposer.

Abaisser déjà les effectifs à la petite école pour lutter contre l'échec scolaire.

Favoriser la gratuité totale de l'école. Pour les étudiants, prendre en chargé les frais de formation : préférer la revalorisation des bourses plutôt que le recours à un revenu minimal ; cf. aussi le mécanisme de dévoiement des aides qui aboutit à majorer les coûts d'hébergement par exemple; cf. aussi notion de revenu non approprié à des jeunes qui construisent leur formation, ne sont pas des salariés.

Refuser la baisse des contenus scientifiques.

Valider les parcours de formation après apprentissage du métier " en conduite accompagnée ". Cf. expérience Sncf.

Voies spécifiques d'accès au concours ? Non, se concentrer sur les moyens à accorder à certains étudiants.

Comptabiliser l'année préparatoire au concours après la licence pour fixer un niveau Bac + 4 ?

Des revendications : mettre le paquet au niveau des moyens

 

Un " 4 pages " concernant la réforme lufm : analyses et propositions, sera diffusé à la rentrée en direction des stagiaires en lufm et des établissements.

A commander.