Edito du numéro 107

Exclus du processus de Réduction du Temps de Travail, les personnels enseignants et d'éducation ont des raisons quotidiennes de s'interroger sur l'attention que le gouvernement porte à leurs conditions de travail. Les personnels iatoss dans nos établissements ont des raisons aussi de s'inquiéter des mesures qui vont les concerner dès janvier 2002 sur fond renouvelé d'annualisation et de flexibilité.
Cette rentrée 2001, ce sont bien les conditions de travail qui préoccupent le plus les personnels. La pression est forte pour amplifier le temps de présence dans les établissements, multiplier les heures supplémentaires non payées... De nombreux collègues " craquent " déjà devant un public d'élèves difficile.
Les emplois manquent cruellement. Le recours massif aux personnels précaires est un palliatif qui ne masque pas les besoins, au contraire il est un indice de pauvreté du système éducatif. La précarisation des emplois devenue un mode de fonctionnement va accentuer encore la pression sur les conditions d'exercice des personnels, peser dangereusement sur les garanties statutaires en terme de qualité de l'emploi, affectation, formation, rémunération. Le projet de budget 2002 ne s'inscrit pas dans des perspectives de création d'emplois stables. Au contraire le gouvernement recourt à nouveau au développement de la précarité en prévoyant la création de nouveaux contrats, type C.E.S dans la fonction publique. Cette démarche accentue aussi la pression sur le niveau des salaires.
Dès la rentrée, nous participions activement à deux actions interfédérales sur la R.T.T. l'emploi, contre la précarité. Manifestation et rassemblement : ces deux événements posaient déjà les questions primordiales. L'action du 27 avec les Aides éducateurs avait pour objet aussi de dénoncer les atteintes aux droits des AE., droits bien malmenés par des chefs d'établissement très utilisateurs d'une main-d'œuvre bon marché, très vulnérable et donc très flexible.
Les raisons de se mobiliser, comme toujours, sont valables. Les congrès national et départemental de l'Unsen et du Sden, seront des lieux d'expression forte des situations de travail pour construire des orientations et une riposte à la hauteur des enjeux. Toutefois, c'est d'abord dans les réunions syndicales que cela se débat. N'avons-nous pas besoin d'une organisation offensive, attentive aux préoccupations de terrain et plus efficace ?
C. Becquet