CTPD (comite technique paritaire) 1er degré
Déclaration du Sden-Cgt
10 septembre 2001
Intervention de Luc Briatte, membre de la commission exécutive du Sden.

Le gouvernement a mis en avant un sondage selon lequel 90 % des parents d'élèves estimeraient que la rentrée scolaire se déroulera de façon satisfaisante. Nous considérons que les conditions de rentrée ne peuvent être analysées que par un sondage et en aucun cas constituer un indicateur de l'efficacité du système éducatif !
Pour la Cgt, cette efficacité se mesure en fonction des capacités qu'a le gouvernement à :
- garantir l'accès aux lavoirs et aux savoir-faire de tous les élèves, à partir de leurs potentialités, de leurs compétences, de leurs diversités, sans nier les comportements difficiles ;
- être à la base de la formation, de l'intégration, du développement équilibré des jeunes, contre-feux à l'exclusion et à 1a marginalisation.
Les éléments marquants de cette rentrée ne montrent pas une volonté de transformation du système éducatif dans ses structures. Ils forment plutôt un ensemble de réponses pour le moins conjoncturelles.
Qu'il s'agisse du premier degré, du collège, du lycée, les effets d'annonce masqueront difficilement la stratégie de saupoudrage. Ce saupoudrage ne résulte pas d'un manque d'ambition de la part du gouvernement, il résulte de la stratégie dans laquelle il s'enferme : Celle de maîtrise des "dépenses " publiques avec ses conséquences sur l'emploi public. Ce saupoudrage permet l'artifice mais sans dégager de moyens nouveaux.
Après une rentrée " pacifiée ", après une rentrée " sereine ", la rentrée serait " tranquille " !
Tranquille, pour les élèves qui vont se trouver dans des classes surchargées si certaines mesures de fermetures ou de non ouvertures, sont maintenues. Ils subiront alors tes conséquences de l'adaptation du système éducatif aux contraintes du système économique. Adaptation dont il devrait être exonéré.
Tranquille, pour ces centaines de jeunes issus des listes complémentaires du concours de professeur des écoles, et qui vont se retrouver sur le terrain en situation sans formation.
Tranquille, pour ces milliers d'enseignants du second degré, maîtres-auxiliaires, vacataires, qui sont les instruments d'une gestion des personnels fondée sur le recours récurent à la précarité. Et ce n'est pas un changement de dénomination qui arrangera la situation.
Tranquille, pour l'ensemble des personnels enseignants exclus du dispositif de la réduc fion du temps de travail alors qu'ils subissent une charge de travail et de responsabilité de plus en plus lourde et complexifiée.
Tranquille, pour les milliers d'aides-éducateurs, bientôt au terme de leur mission, de leur contribution au fonctionnement du système éducatif sans que leurs compétences soient reconnues et qu'il soit proposé autre chose que des pis-aller.
Tranquille, pour les personnels administratifs, de service et de santé qui se voient imposer une réduction du temps de travail sans création d'emplois, prétexte à la flexibilité, à une réorganisation imposée du travail.
Tranquille ? Assurément non!
La Cgt ne partage pas cet optimisme affiché du ministre et revendique la création d'emplois revendiquée par les personnels et les parents d'élèves.