Projet d'orientation mai 2002

 

Une priorité pour le Sden
S'attaquer à la précarité

 

0.1 Quelle précarité dans le privé et le Public ? Quels enjeux ?

Si la décennie 80/90 a été caractérisée par le chômage massif qui a fait plus de 3 millions de victimes, le phénomène nouveau est la montée intolérable de la précarité.

Ce processus touche quasiment tous les secteurs d'activité de l'économie nationale. Sur 130 000 salariés des industries chimiques, près de 30 % sont en Contrat à Durée Déterminée ou sont intérimaires. La part des seuls travailleurs intérimaires dans l'industrie automobile est de 14 %, 9,5 % dans les industries des biens intermédiaires, 9,1 % dans le secteur de l'énergie, 8,3 % dans la construction. L'augmentation générale du nombre d'intérimaires est de 18 %. Dans certains secteurs comme, l'Éducation, la Santé et l'Action sociale, la hausse du nombre des intérimaires atteint 107%, dans l'automobile 36 % (Cf. chiffres publiés dans Analyse et documents économiques de la Cgt : n ° 86 mai 2000).

Ainsi, alors que les médias à la suite du gouvernement de gauche plurielle font leur choux gras de la baisse relative du nombre officiel de 3 millions de chômeurs, 70 % des emplois créés sont en réalité des C.D.D., des intérims et autres formes d'emplois précaires. A l'instar du chômage, la précarité devient, peu à peu mais sûrement, un instrument de pression, de gestion, de " management " du monde du travail dans le cadre d'un capitalisme à la recherche tout azimut du profit maximum immédiat.

Dans ce contexte, la lutte des " sans papiers " est une résistance sans précédent qui s'inscrit dans le processus de lutte contre la précarisation des emplois.

Le patronat a utilisé et utilise encore la " peur H du chômage pour rejeter les revendications salariales, L'amélioration des conditions de travail et pour imposer les licenciements et les " plans sociaux ". Il utilise un nombre de plus en plus important de précaires pour soumettre le monde du travail à sa volonté. L'Union Européenne structurée par les traités de Maastricht (1992), d'Amsterdam (1997) et de Nice (2000), le passage à la monnaie unique (l'euro) dicte ses " critères de convergences " aux différents États limitant entre autre le recrutement de titulaires et favorisant le recours aux précaires sous payés dans la Fonction Publique.

Dans le secteur de l'Éducation Nationale, les maîtres auxiliaires qui au niveau national culminaient à près de 50 000 en 1982, se chiffraient encore à 19 326 en 1999. Parallèlement, les contractuels encore plus précaires : 6 553 progressaient de 82,5 % entre 1998 et 1999 (cf. note d'information d'octobre 2000). Aujourd'hui pour la seule académie de Lille, le Rectorat comptabilisait à la rentrée 2001 : plus de 700 M.A. et prévoyait le recrutement, pour l'année 2001 /2002, de 2 000 contractuels et vacataires.

La précarité, outil de casse des statuts des titulaires, instrument de déréglementation, de flexibilité, de mobilité, permet en outre de diviser et d'opposer les différentes catégories de travailleurs et d'affaiblir ainsi les luttes revendicatives.

Pareillement, l'ARTT (Aménagement et Réduction du Temps de Travail) imposée au service public, fortement déclinée de l'application des lois Aubry

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