Intervention pour le Sden 59
Gabriella Marongiu - Certifiée Anglais
DE QUELLE CGT AVONS-NOUS BESOIN ?

Cette intervention qui je le souhaite retiendra votre attention est la synthèse des débats du Conseil Syndical Départemental du Nord lors de la discussion et du vote des amendements au projet d'orientation de l'Unsen.
Il nous a semblé impératif de réaffirmer avec force des principes incontournables, des analyses qui peuvent nous aider à mieux comprendre et à mieux lutter contre les mutations, les transformations imposées à la société en général et à l'école en particulier.
Il est essentiel de réaffirmer que l'élection d'une majorité de " gauche plurielle " au Parlement en 1997, n'a rien changé aux politiques mises en œuvre par le gouvernement.
Le credo de la rentabilité maximale entraîne la fermeture d'entreprises, la mise au chômage de milliers de salariés. Dans notre région, les entreprises citées par Philippe Détrez ont fait l'expérience de la gestion néo-libérale.
Les lois Aubry 1 et 2, le décret Sapin sur l'ARTT du 25/08/2000, loin d'améliorer les conditions de travail se traduisent par l'annualisation du temps de travail, la flexibilité, parfois même par l'augmentation du temps de travail et l'alourdissement de la charge de travail faute d'embauches.
Evoquons aussi la question du quasi-gel des salaires, devenue une doctrine, dans le privé comme dans le public, gel qui entérine les baisses répétées du pouvoir d'achat des salariés.
Mais il y a aussi la précarité qui, dans la Fonction Publique, comme dans le secteur privé, a été institutionnalisée. Il n'est plus rare de voir un établissement scolaire fonctionner avec 30 % de précaires (C.E.S, C.E.C. chez les personnels Aitoss, autres contractuels, vacataires et emplois jeunes chez les personnels enseignants, d'éducation…).
Les choix actuels sont aussi ceux du démantèlement, un à un, de tous les services publics. La privatisation est rampante avec notamment la création des lycées de tous les métiers dans l'Education Nationale, les groupes d'Intérêt Public.
Ces aggravations sans précédent, sont le résultat du cadre que la construction européenne s'est donné avec la ratification des traités de Maastricht, Amsterdam et Nice. Loin de s'opposer aux stratégies du patronat, les gouvernements les ont soutenues, créant de toutes pièces une communauté économique avant tout ! Ne nous y trompons pas. Il n'est pas possible d'amender cette Europe-là. Celle de la libre circulation des biens et des marchandises… elle n'est pas celle des citoyens et des salariés, elle est encore moins celle de ceux que l'on appelle pudiquement les immigrés extra-communautaires.
Les enjeux de la construction européenne ne sont pas ceux que l'on nous présente. Ils veulent une Europe forte capable de concurrencer les Etats Unis, le Japon. C'est aussi la création d'un espace économique plus grand, plus concurrentiel qui permet des économies d'échelle. Cela se traduit par des licenciements, des fermetures de sites.
Sous prétexte de la réduction des déficits, c'est l'austérité qui entraîne l'harmonisation par le bas des droits sociaux.
Les salariés ne peuvent se satisfaire d'une politique sociale libérale qui se contente d'atténuer les effets les plus dévastateurs de la mondialisation.
Dans ce contexte, la CGT a vocation depuis toujours à œuvrer pour la prise de conscience de tous les salariés du privé et du public. Les rapports de classe ne cessent pas d'être l'actualité : en témoignent les " LU, les SELNOR, les THALES ".
De même, les intérêts des personnels de l'Education qui se battent pour un service public de qualité ne sont pas les mêmes que ceux d'un medef, d'un Etat aussi qui livre l'Education nationale aux lois du marché.
Notre travail militant, c'est de faire prendre conscience, de rendre manifestes et intelligibles des orientations qui entraînent des transformations sociales néfastes. Pour construire des mobilisations d'ampleur à la hauteur des attaques actuelles, il faut construire un syndicalisme CGT Education fort, outil de lutte pour tous les personnels.