Intervention pour le Sden 59
Pascal Duviviez - Contractuel Lettres Histoire
La précarité

Au niveau national et plus particulièrement dans le secteur qui nous intéresse, celui de l'Education Nationale, les maîtres auxiliaires dont le nombre approchait 50 000 en 1982 n'étaient plus que 17 300 en 1999.
Parallèlement à cette baisse, sont apparus les contractuels, encore plus précaires, dont les effectifs ont augmenté de 82,5 % entre les années 98/99.
Même tendance dans l'Académie de Lille puisque cette année 1 437 contractuels ont été recrutés pour 700 maîtres auxiliaires. Les M.A. cèdent peu à peu la place à une nouvelle catégorie de précaires encore plus précaires.
Concrètement, cette précarité se perçoit à différents niveaux :
· au niveau des salaires qui ne sont pas payés en temps et en heure,
· au niveau des emplois du temps souvent à trous,
· au niveau des nominations : la veille pour le lendemain.
Mais surtout les " précaires " se retrouvent individuellement à la merci de l'employeur en raison de la peur humaine du chômage. Sans droits, ils subissent une véritable atteinte à leur dignité. La précarité devient un instrument de pression, de gestion du monde de l'éducation, limitant entre autre le recrutement des titulaires mais surtout représentant un outil de casse des statuts des titulaires, outil de déréglementation, de flexibilité, de mobilité et d'annualisation du temps de travail de l'ensemble des personnels.
Enfin, vous connaissez le proverbe " diviser pour mieux régner " ; et bien cette précarité exponentielle qui permet de diviser et surtout d'opposer les différentes catégories de personnels, affaiblit de facto les luttes revendicatives. C'est pourquoi, nous avons créé ce " collectif anti-précarité " rassemblant des maîtres auxiliaires, des contractuels mais aussi des titulaires. Par l'intermédiaire d'une pétition, ensemble nous revendiquons :
· le paiement des salaires dus, chaque fin de mois,
· le remboursement intégral des frais occasionnés par les retards de paiement,
· un temps de formation gratuite sur le temps de travail,
· le suivi paritaire des précaires,
· la titularisation des M.A.,
· la stagiairisation sans concours des contractuels déjà recrutés, assortie d'une formation initiale professionnelle pour la titularisation,
· le recrutement exclusif par voie de concours.
L'enjeu est donc majeur, il y va de l'avenir de nos acquis sociaux, mais aussi de celui du système éducatif tout entier car on est en droit de penser très fort que si l'enseignant est précaire, l'enseignement peut l'être aussi.