Groupe départemental segpa, 27 février 2002

C. Becquet

Une dizaine de fermetures sur 92 segpa dans le Nord a été décidée soit 10 % du dispositif actuel.

Dans la foulée, il est question de transférer des formations qualifiantes en lycée professionnel.

"Tous les élèves de Segpa auraient vocation à fréquenter le Lycée Professionnel pour y préparer un C.A.P."

Cependant aujourd'hui 30 % des élèves de LP issus de segpa abandonnent leur scolarité avant son terme.

Alors qu'on étudie le transfert éventuel des FQ en lycée professionnel, on trace aussi de " nouvelles perspectives d'organisation des enseignements (personnels, horaires, contenus...).

Le second degré serait donc concerné par l'enseignement spécialisé ; des " modules AIS qui préparent au CAPSAIS seront ouverts, en effet, aux personnels des 1 er et 2ème degrés. Des PLP se verraient confier en LP des élèves issus de segpa."

Le CAP est-il inaccessible aux jeunes dont le niveau en enseignement général est particulièrement faible ? Pas de problème nous affirme-t-on dans cette réunion diligentée par l'inspection académique : " on fait intervenir des pondérations "... On trace aussi des " parcours valorisants pour l'élève ".

Cette dynamique a, à nos yeux, un défaut capital : celui de déposséder certains jeunes d'un contenu d'enseignement qui les émancipe.

L'inspection académique se défend par ailleurs de vouloir récupérer des moyens à tout prix ". Pourtant, l'insertion en LP des jeunes relevant jusqu'à aujourd'hui de dispositifs d'enseignement spécialisés, pose plusieurs problèmes :
- la capacité d'absorption insuffisante des LP,
- la formation insuffisante des personnels,
- l'éclatement des services sur des missions de nature fondamentalement différentes : le travail sur plusieurs niveaux de formation ou d'insertion, en direction de publics divers est source indéniable d'amplification des charges de travail,
- la qualité de l'encadrement spécialisé peut se détériorer si on recourt à des personnels insuffisamment formés, ou motivés, voire du personnel précaire.

On ne peut pas penser que tout le monde peut tout faire sans déprécier le sens des missions pourtant spécifiques. Or cette évolution qui cadre avec celle des établissements en " lycée des métiers ", permet finalement de faire accepter les services mixtes de toute nature, les services partagés aussi dans plusieurs établissements, la flexibilité des horaires.

L'habillage idéologique " élévation des niveaux des élèves qu'on veut hisser par le haut " est séduisant et légitime. Mais les outils d'intégration le sont moins, confrontés aux lobbies de la rationalisation des moyens... Qu'en pensent donc les enseignants des Segpa particulièrement informés des besoins de ces jeunes ? Et nous, en LP, sommes-nous prêts à accueillir cette nouvelle population ?