Congrès départemental 23 et 24 mai 2002

Conclusions

 

Ce 6ème congrès prend fin. 100 camarades présents : ce n'est pas rien ; 100 camarades qui s'écoutent dans le respect mutuel des sensibilités, c'est une chance aussi pour l'organisation syndicale qui a vocation de se développer grâce à l'effort collectif et sur la base des orientations que nous venons de voter.

Les échanges divers se sont bien intégrés dans la démarche de débat qui était proposée. Même si nous n'avons pas apporté de réponses bien concrètes aux interrogations des uns et des autres, nous avons revisité les préoccupations essentielles en matière de recrutement, de formation, d'emploi, de conditions de travail. Chacun a bien saisi les enjeux posés par l'intégration progressive du service public aux objectifs marchands portés par les orientations gouvernementales et patronales.

Nous avons mis en évidence :

Pour ce qui concerne le rôle des personnels
la contractualisation des moyens transforme les personnels en " chasseurs de subventions " ; ces dernières étant octroyées sur la base de l'intégration aux objectifs imposés par le système éducatif ;
la médiocrité des équipements, l'insuffisance des moyens en emplois est ignorée au profit de développement de projets faire valoir d'une institution scolaire qui a abandonné la recherche d'une réelle qualité d'enseignement;
l'orientation des élèves est fondée sur la base de grilles de compétence qui ne reflètent pas le niveau des élèves. cadre dessine un profil d'emploi pour les personnels qui n'a plus rien à voir avec leur rôle initial de formation et de transmission des savoirs.

Pour ce qui concerne le recrutement et la formation des personnels
de plus en plus de personnels entrent dans l'Education Nationale sur la base de leur expérience en qualité de précaire et sur des base aussi discriminatoires, les personnels extra?communautaires sont exclus des dispositifs de recrutement et restent donc précaires, la question de la formation continue des personnels " tout au long de leur carrière " est posée ainsi que sa gratuité, quels acquis professionnels prendre en compte, quelle place des diplômes aussi : ces 2 paramètres ne sont pas concurrentiels mais complémentaires : ils doivent tous les deux permettre, en terme de salaire, la reconnaissance des qualifications, de plus en plus les contenus de formation initiale pour les personnels sont inadaptés pour faire face aux situations de crise quotidienne rencontrées dans l'exercice du métier.

Pour ce qui concerne la précarité
il faut renforcer les garanties statutaires pour éviter la déstructuration du service public, cela passe par la fin du recours aux précaires, il faut mettre au coeur des revendications, l'amélioration des conditions de travail qui précaire l'emploi de tous les personnels, face à la division orchestrée par les chefs d'établissement, les rectorats, il faut améliorer les relations entre les différents types de personnel : titulaires, non titulaires, personnels aitoss, personnels enseignants et d'éducation, il faut structurer sur le plan confédéral un outil de lutte contre la précarité et l'exclusion.

Pour ce qui concerne l'organisation des luttes
l'individualisation des carrières brise en fait les luttes collectives,
les stratégies d'isolement des personnels favorisent les atteintes aux droits syndicaux, aux libertés individuelles, développent les situations de harcèlement,
les CPE dans ce contexte sont attaqués de plein fouet dans la réorganisation de leur service qui alourdit les charges de travail,
les personnels sont de plus en plus sollicités pour s'investir dans des projets contre lesquels ils se sont pourtant battus.
Comment prolonger et redynamiser les luttes collectives ?
Comment les sections syndicales vontelles effectivement à l'initiative ?
Nous avons besoin d'ouvrir de nouvelles perspectives revendicatives qui créent les conditions d'un mouvement d'ensemble victorieux.

Pour ce qui concerne l'outil syndical
Les débats ont fait apparaître notre souci de faire connaître la CGT et de faire croître son influence et sa représentativité, de développer les sections syndicales qui sont le meilleur moyen d'atteindre cet objectif. Le débat, la formation sont des facteurs importants de renforcement et de réussite dans l'organisation des luttes. Tout au long de ces 3 années à venir (le congrès a lieu tous les 3 ans), il faudra nous efforcer d'offrir une meilleure qualité de vie syndicale à tous les adhérents qu'ils soient isolés ou membres d'une section syndicale. Les difficultés ne doivent pas nous empêcher de continuer à nous adresser aux non syndiqués et d'utiliser tous les outils à notre disposition.

La commission exécutive élue par ce congrès devra assurer un meilleur suivi des secteurs géographiques, aider les camarades à prendre leur place au sein de la Cgt, lutter contre la désertification syndicale. L'idée de travailler avec les Unions Locales de la Cgt pour briser l'isolement et favoriser les rencontres sans les instrumentaliser a aussi émergé des débats.

Pour ce qui concerne les lycées des métiers
Nous avons fait apparaître la nécessité d'aller au débat avec un argumentaire. 11 faut s'appuyer sur les expériences successives de casse des filières professionnelles et technologiques pour analyser, confronter avec des orientations qui favorisent le démantèlement du service public d'éducation.
Vous vous êtes exprimés dans les débats pour que la formation initiale réponde aux besoins des jeunes pas ceux du patronat. Le développement de la recherche de la rentabilité dans le service public d'éducation inquiète. Le recul des garanties statutaires pour les personnels appelés à enseigner à tout type de public est un danger : la flexibilité est à l'ordre du jour et l'augmentation de la charge de travail... Cela nous appelle à nous mobiliser contre le contenu de ces réformes.

Les orientations votées au congrès répondent en partie aux enjeux posés. II faut les faire vivre, les mettre au coeur de nos pratiques syndicales sur le terrain.