Congrès départemental 23 ET 24 MAI 2002

Partie

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Bienvenue à ce congrès départemental de votre syndicat. Nous souhaitons que chacun puisse s'y exprimer pour que les orientations syndicales soient ensuite portées collectivement dans les 3 années qui vont suivre.

La commission exécutive sortante propose une priorité pour le Sden : le combat contre la précarité. Cet axe qui ne concerne pas que les victimes directes de cette exploitation, rejoint en fait toutes les préoccupations des personnels de l'Education Nationale en matière d'emploi, de rémunération, de formation, de développement de carrière, de garanties sociales. En effet dans notre document d'orientation, nous affirmons

" Dans le cadre d'un budget qui conçoit que le fonctionnement de l'Ecole est un coût plus qu'un investissement, le ministère de l'Education Nationale gère à l'instar du secteur privé l'emploi de ses personnels. II s'agit d'optimiser la force de travail, de réduire les " coûts " du service public. Le recours aux précaires est un vecteur particulièrement juteux et prometteur. Vulnérables, ils sont l'option d'entraînement à l'apprentissage de la mobilité et de la flexibilité. Les outils sont multiples : les stratégies de projets, les processus d'écartement et donc d'exclusion que sont les évaluations " au mérite ", l'aménagement du temps de travail annualisé, l'instrumentalisation de l'Ecole vouée à ne produire que des agents économiques. Dans ce cadre, le Lycée des métiers fera appel à beaucoup de personnels précaires pour réaliser ce projet formidable d'intégration de l'Ecole aux modèles de formation patronale. Les précaires "fers de lance " de la déréglementation, avec les bas salaires, la dégradation des conditions d'affectation et d'exercice, l'éclatement des services, la faible résistance à la " hiérarchie " entraînent les chefs d'établissement au " management " ; l'introduction des contrats de droit privé dans la fonction publique en est une illustration. En outre, le développement de la précarité permet de diviser et d'opposer les différentes catégories de travailleurs et d'affaiblir ainsi les luttes revendicatives ".

Oui, la précarité est un formidable outil de régression sociale pour tous. En 1999 : 10 % de tous les emplois sont à durée limitée (intérim, code contrats aidés, alternance .... On comptabilise 700 000 saisonniers, 300 000 emplois jeunes. Au début 2002 : 79 % des embauchés le sont en CM Dans la fonction publique d'état : 208 000 personnels sont non titulaires, 343 000 sont recrutés au titre de l'aide à l'emploi, près de 141 000 emplois jeunes sont employés sur des cdd de droit privé. Le recrutement des emplois jeunes dans la Fonction Publique d'Etat a pris un essor important. Alors que nous demandons l'extinction de ce dispositif et la transformation de ces emplois précaires en emplois stables et statutaires, les mesures annoncées en juin 2001 allaient dans le sens de la pérennisation d'un dispositif totalement dérogatoire au statut des fonctionnaires. Dans notre académie, on emploie dans l'Education Nationale : 6 000 aides éducateurs, 4 500 CES/CEC, 2 000 contractuels et vacataires. Cette précarité ne découle pas de la fatalité. Dans l'Education nationale particulièrement cette précarité ne découle pas non plus de la pénurie de personnels candidats à la titularisation : l'insuffisance des postes offerts aux concours l'illustre. Le recours à la précarité est un choix qui s'inscrit bien dans une logique d'exploitation et entraîne la précarisation de l'emploi public mettant en péril de façon calculée l'existence même du service public.

Les gouvernements successifs ont tous contribué à cette évolution. Ils ont adopté des politiques budgétaires suffisamment austères en direction du service public pour réguler à la baisse les effectifs des fonctionnaires. En même temps, les différents protocoles dits de " résorption de la précarité " ont titularisé au compte gouttes et de façon discriminatoire, excluant bon nombre de précaires des dispositifs mis en place sous la pression des organisations syndicales. Ainsi pour exemple, cette année seuls 48,96 % des non titulaires ayant passé l'examen professionnel vont pouvoir être titularisés dans le corps des certifiés, 48,03 % dans le corps des PLP. La Cgt qui n'a signé aucun de ces protocoles parce qu'ils ne favorisaient pas la création d'emplois stables et ne rompaient pas avec la stratégie du recours à l'emploi précaire n'a qu'une seule revendication : la titularisation de tous les non titulaires et l'extinction des précaires.

Ce serait réducteur d'aborder le problème de la précarité et donc de la politique de l'emploi sous le seul angle d'une branche professionnelle, et dans le cadre de notre pays. Le sommet européen de Barcelone (mars 2002) a affiché des objectifs précis. Il s'agit d'éliminer les déficits budgétaires d'ici 2003?2004, d'accélérer la libéralisation des services publics, de les placer donc dans une logique marchande d'offres aux usagers devenus des clients ; cela suppose de rompre avec les missions du service public qui devrait faciliter l'accès égal aux prestations.

Il s'agit aussi de dégager des zones de profit : la rationalisation des moyens, la productivité pilotent les politiques de recrutement d'abord puis les politiques de gestion des personnels ensuite.

La gestion des Ressources Humaines dans la Fonction Publique implique en effet une politique de recrutement qui définit des profils d'emplois. Cette gestion se concrétise par la modification des contenus des épreuves aux concours de recrutement des personnels. Nous avons à examiner de près les compétences professionnelles nouvelles requises pour exercer nos professions car c'est sur cette base qu'on définit les contenus de formation destinés aux élèves et qu'on profile les comportements au travail des futurs salariés. Lors des luttes de 2000 et 2001, nous avons mis le doigt sur la dégradation des contenus des enseignements disciplinaires général et professionnel : les grilles horaires imposées avec les PPcp en lycée professionnel particulièrement ont appauvri l'apport disciplinaire au profit de l'apprentissage du " geste "... Nous avions mis en évidence aussi la correspondance des démarches d'apprentissage dans le 1er degré, en collège, en lycée dans plusieurs articles parus dans l'info sden Citation : "Le ministère insiste dans un BO paru en juin et juillet 2000 sur la nécessité de " cohérence et de continuité des apprentissages " du 1 er au 2ème degré. Il s'agit par ailleurs " d'assurer la cohérence entre les orientations mises en oeuvre en collège et celles qui se trouvent au coeur de la réforme du lycée et du lycée professionnel ". Nous aurions tort de nous enfermer quant à nous sur le revendicatif corporatiste alors même que les enjeux sont les mêmes :formatage des profils autour des notions de savoir, savoir?faire et compétences grillagées dans les recueils de suivi, d'évaluation, conditions d'exercice du " métier " d'enseignant. Dans le le` degré, nos collègues auront à formuler dès le 1,r trimestre leur " diagnostic " individualisé au travers " d'exercices standardisés " susceptibles de pointer les " réussites et les erreurs ". Dans le 2e` degré, les professeurs détermineront dans le même type de sonde les " points forts et les points faibles ". De grille en grille, sont forgés les prototypes qui excluent les potentiels non répertoriés dans 1 'enveloppe... Dans le 1 er degré, les enseignants interrogés par une consultation ministérielle, expriment des contradictions : il faudrait des objectifs clairs et limités, certains sont trop ambitieux. Mais certains s'inquiètent de la dévalorisation des contenus... Trop d'importance serait donnée aux savoirs notionnels au détriment de la méthodologie et des Bavoirs faire... En lycée professionnel, les projets pluridisciplinaires devraient permettre, selon le ministère, " la mise en oeuvre de savoirs, Bavoirs faire liés à l'exercice du métier "

avec des productions d'objets ou de services. En collège, il s 'agit de développer " l'intelligence concrète " via les nouvelles technologies appliquées... Cette profusion d'instructions est confortée par des expérimentations, consultations qui soit minoritaires, soit partielles, en accréditent le bien fondé. " Fin de citation. La méthode n'a pas varié, de nouvelles instructions viennent de cadrer à nouveau la rentrée scolaire (cf BO du 18 avril 2002). Et quels que soient les résultats aux élections, nous pensons qu'elles ne dérangeront pas profondément un gouvernement de droite. Très récemment, nous avons reposé aussi le contenu des missions des personnels de l'Education qu'on tente à l'instar des directeurs des écoles du 1" degré d'assimiler à des personnels de direction. L'annualisation du temps de travail pour les Cpe et donc forcément les auxiliaires de l'Education que. sont les MUSE, est en route et elle implique forcément une redéfnition des missions dont nous devons débattre.

La gestion des ressources humaines dans la Fonction Publique vise aussi à engager les personnels sur des contrats d'objectifs avec obligations de résultat " ; pour cela il faut " mettre en valeur les compétences professionnelles "; il s'agit de rompre avec cette " culture de moyens " conductrice de déficits budgétaires selon les managers publics convertis aux vertus du système marchand privé. En clair, ne comptez que sur vous pour travailler à l'élévation culturelle et l'insertion professionnelle de vos élèves !

 

 

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