Unedic : les chômeurs seront les payeurs (B.K.)

Le Medef : une chance au grattage et une autre au tirage

Il s'est trouvé des organisations " syndicales ", la Cfdt et la Cftc, pour signer un accord concernant l'assurance chômage. Il s'agissait des mêmes organisations qui avaient, il y a deux ans, signé le Plan d'Aide au Retour à l'Emploi, le PARE.

Cette fois, le Medef avait besoin de récupérer, sur le dos des salariés actifs ou au chômage, un déficit que la récente progression du chômage avait créé. Le PARE avait été conçu comme une machine à briser le retour à un " marché du travail " qui était devenu alors moins défavorable aux chômeurs. En effet, le PARE avait été préparé par l'ancien bras droit du baron Sellière. Il s'agissait d'obliger les chômeurs à accepter le premier ou second emploi proposé, ce qui rendait difficiles ou impossibles les négociations portant sur le salaire, l'éloignement, la flexibilité ou, même, le type de travail. Le chômeur devait signer un PARE ce qui a fait glisser la notion de solidarité contre le chômage ou " d'assurance chômage " à celle de contrat. Il n'avait ensuite droit qu'à un seul refus d'emploi proposé, les AFR disparaissaient et, en contrepartie, la dégressivité des indemnités (votée par Mme Nicole Notat de la Cfdt au début des années 90) était enlevée. Signalons au passage que l'Unedic avait alors un petit trésor dans ses caisses et le Medef s'empressa de récupérer plus de 70 milliards de francs dont une bonne partie s'est ensuite envolée dans la spéculation boursière…

Avec la rapide remontée du chômage, lié à la crise boursière, l'Unedic s'est retrouvée en léger déficit, en fin 2004 ce déficit cumulé aurait atteint 10 milliards d'euros, soit les 70 milliards de francs dilapidés il y a deux ans.

Bilan des " négociations " de la mi-décembre, pour équilibrer les comptes de l'assurance chômage les syndicats Cfdt, Cftc et le patronat ont choisi d'augmenter les cotisations salariés et des employeurs (moitié-moitié), de réduire les montants des indemnités (baisse de 1,8 % alors que les prix augmentent) et le nombre de chômeurs indemnisés. Seront exclus les précaires qui n'auront pas pu travailler au moins six mois au cours des 22 derniers mois, soit un peu plus de 70 000 chômeurs actuellement couverts pour une durée de 4 mois. Enfin la durée d'indemnisation sera réduite à 7 mois pour ceux qui n'ont pu travailler qu'entre six mois et 14 mois au cours des deux ans précédant le chômage et à 23 mois pour les autres. En ce qui concerne les précaires de l'Education nationale, le nouveau régime d'indemnisation va principalement s'organiser autour de deux filières, les vacataires et les contractuels qui n'auront pas pu atteindre les 4 mois au cours des 24 derniers mois n'auront que 7 mois d'indemnités et les C.E.S., C.E.C. et emplois jeunes seront indemnisés 23 mois. Enfin, comme déjà avec le PARE dont les aspects contraignants n'ont, bien entendu, pas disparu, l'Unedic annonce des suspensions en cas de non présence du chômeur aux entretiens (dont le nombre et la futilité ont inversement grandi en comparaison de l'indemnisation) même si cette attitude a été jugée illégale par le TGI de Paris en juillet dernier… Bref, le patronat a su préserver les avantages qu'il avait obtenus au moment du PARE et en " gratter " de nouveaux alors qu'il se trouve dans l'impossibilité de tenir sa part d'engagements, souvenons-nous qu'il promettait des dizaines de milliers d'emplois contre le PARE.