Je suis dans la cuisine, face à la mer. Mes lombes menacent à tout moment de craquer. Ça a été à peu près bien toute la journée, mais depuis que je suis arrivé, ça menace et j’ai peur d’aller au lit, d’autant que les matelas sont toujours à même le sol… J’ai quitté Stan en fin d’après-midi. Il y avait beaucoup de monde, une centaine de personnes, la famille, les copains, les collègues. Il faisait très beau. Stan était complètement défait, a éclaté en sanglots à plusieurs reprises et je me demande comment il a réussi à lire le texte qu’il avait écrit pour Mauricette. Deux de ses amies ont aussi parlé, puis son patron, et Arno, bien sûr, a clôturé avec Dans les yeux de ma mère, comme nous l’attendions, Mylène et moi. Renseignements pris, Mauricette avait son cancer depuis plusieurs mois et c’était « irréversible », dixit Stan (pourquoi ne nous en a-t-il rien dit ?). Je ne lui ai pas beaucoup parlé. Au moment du départ, je lui ai dit que j’appellerai dans quelques jours pour l’inviter à Mélo. Pour le reste, je ne trouvais pas les mots, comme d’habitude, et je ne voulais pas de banalités. Mais banalités ou non, je ne sais rien dire… À ma grande surprise, le cercueil est resté sur place. Selon Mylène, on ne le fait plus « disparaître » par une trappe… J’ai beaucoup fumé, ça m’affecte, et j’ai la gencive inférieure douloureuse. Les lombes, la bouche, le crabe ; j’espère que je vais pouvoir dormir…