Il pleuvait par intermittence, le ciel se chargeait ; puis il s’est mis franchement à pleuvoir. Éléonore s’est déguisée, a tenu à ce que je le sois aussi ; j’ai refusé, mais ai quand même consenti à nouer un boa bleu autour de mon cou. La pluie a cessé, nous sommes partis. Il y avait beaucoup de vent, nous avons évité la digue. Au fil de la marche, nous avons croisé de plus en plus de carnavaleux, de chapelles, mais le tout avec un côté étrangement désordonné, confus ; on aurait dit une vaste errance ; et de maisons sortaient des musiques qui n’avaient rien à voir avec celles du carnaval. Le but était de rejoindre la bande dans le centre. Nous l’avons trouvée du côté de la place des Rennes, suivie, regardée passer, puis avons cherché à la devancer (c’était extrêmement compact et je pensais à Éléonore qui doit éviter les mouvements de foule). Il s’est mis de nouveau à pleuvoir, le vent a augmenté. Nous avons cherché un café, mais ils étaient tous bondés. Nous avons essayé de gagner la digue, mais très vite il a été impossible d’y accéder à cause du vent et de la pluie ; c’était le déluge et la débandade. Nous n’avons eu d’autre ressource que de revenir à l’appartement sous les rafales de vent, nous étions complètement trempés… Je me demande si la bande a malgré tout continué à parcourir les rues jusqu’au terminus, place des Rennes. Je pense que oui, ils en sont capables…