Éléonore avait trouvé un pot de peinture bleu pastel dans la cave, l’avait emporté à l'appartement ; c’est celle dont nous nous sommes servis pour peindre le balcon : le muret, les deux murs sur les côtés ; mais pas le plafond. Sur la liste des travaux à faire figurait « plafond du balcon » ; elle avait changé d’avis. Odin s’apprêtait à s'y mettre lorsqu’il s’est aperçu qu’il n’y aurait pas assez de peinture. Je suis allé en acheter, mais impossible de trouver une peinture extérieure de ce bleu ; ça n’existe qu’en deux ou trois couleurs dont le blanc. Le vendeur m’a conseillé d’acheter un pot de blanc et d’utiliser un tube de colorant. Problème : le pot faisait deux litres cinq, c’est-à-dire beaucoup trop pour le plafond du balcon. Je me suis alors demandé si la peinture que nous avions utilisée était extérieure ou intérieure et, presque certain qu’il s’agissait de peinture intérieure, j’ai acheté le gros pot en me disant que l’on repeindrait la totalité avec une peinture idoine. J’ai vérifié au retour : en effet, c’était de la peinture intérieure. J’ai appelé Éléonore pour lui en parler ; elle m’a dit qu’il suffisait d’ajouter du blanc dans le pot de bleu et que ça irait. Je lui ai dit que cette peinture ne tiendrait pas six mois et qu’il faudrait refaire le tout, alors autant le faire tout de suite. « Non, ce n’est pas dehors. » « Ce n’est pas dehors ? Le balcon n’est pas dehors ? » « Non, pas vraiment, il est un petit peu à l’intérieur. » Le tout est reporté. Nous en avons bien ri, Odin et moi…