Les CRS et le jeune beur

 

Je suis avec le chien avenue des Nations Unies. Il est vert, je traverse. Le chien, comme à son habitude, s‘arrête sur le terre-plein central, pisse dans l'herbe au pied du feu, tourne, renifle. Deux voitures viennent de derrière moi, de la rue du Collège, tournent à gauche pour prendre l’avenue, soit pour passer devant moi. J’attends que le chien ait fini. Les deux véhicules ralentissent. L’une est un fourgon de CRS, l’autre une voiture conduite par un jeune beur. Il est seul, ordinaire, sans casquette. Il s’arrête. Comme j’attends toujours, je lui fais signe de continuer, lui fais comprendre qu'il est inutile  de s’arrêter. Mais il ne bouge pas, est comme prostré. À sa droite, le fourgon s’est aussi arrêté. Le chien a terminé, je m’apprête à traverser. En traversant, je regarde son visage. Il est blême, terrifié...