L’heure est désormais donnée par la nouvelle pendule qui trône à ma droite, dans la cuisine. Éléonore l’a rapportée d’Angleterre ; ronde, métallique, aux aiguilles ouvragées, elle indique « Café de la Musé ». Est-ce qu’il manque le « E », je me le demande. Si je me fie à la symétrie de l’ensemble, non. Mais alors ? Demain, j’ôterai l’accent du « É » pour en faire le Café de la Muse… Nous avions rendez-vous avec un technico-commercial au sujet de la séparation du séjour. Il est resté deux heures. Il faisait magnifique et j’ai dû faire une croix sur mon projet d’aller à la poste par la plage, prétexte (s’il en fallait un) à une promenade… J’ai monté la table haute ; nous ne sommes pas du tout convaincus. Nous verrons à la lumière du jour, mais nous pensons que ça ne convient pas du tout. Éléonore y est installée avec son ordinateur…

(Nouveauté à l’Escadrille : le verre à liqueur a cédé la place à un verre Duralex de cantine. Trois hommes à une table discutaient d’économie, du sort du pays, disaient « on », « nous ». Qui « nous » ? J’avais de nouveau oublié les jumelles – mais il faisait gris, l’air était brouillé…)