J’ai eu beaucoup de mal à le trouver dans la zone réhabilitée près du port (en réalité, c’était au PAAC à côté du FAC). Y étaient rassemblées une centaine de personnes à la pointe, dont elles. Je les ai vues discuter avec une femme, les ai frôlées ; elles ne m’ont pas vu (ou pas voulu me voir). J’ai tourné un peu en rond à la recherche vaine d’une tête connue, ai pris un jus de fruit avant de me rendre au premier. De là, je les ai vues s’apprêter à prendre le même chemin. Elles se sont arrêtées près de moi, ne m’ont pas vu (ou fait semblant). À un moment donné, le regard de Perrette est tombé sur moi et elle a dit d’un ton de surprise feint : « Tiens, Guy. » Elle s’est approchée, nous nous sommes fait la bise, avons échangé quelques mots au sujet du fait que j’avais eu beaucoup de mal à me retrouver ici. Puis elle m’a dit : « Tu as vu l’expo ? ». J’ai dit que je venais d’arriver et elle s’est éclipsée ; il était manifeste qu’elle s’était sentie obligée de venir vers moi (« elles me snobent », ai-je écrit à Sosthène). J’ai fait un tour du premier sans bien savoir en quoi consistait leur expo (quelques photos déjà vues, une sorte de performance au rez-de-chaussée avec une jeune fille dans le rôle de la statue vivante entre le faisceau de deux projecteurs qui diffusaient une scène de rue sur deux écrans verticaux). J’ai décidé de partir. À un moment donné, j’avais vu Bérénice s’apprêter à aller fumer ; je savais que j’allais passer à côté d’elle en sortant. Elle y était. Je suis passé sans regarder de son côté, elle n’a pas non plus regardé…