Il fait froid, légère bruine (y a-t-il des bruines lourdes ?). J’ai renoncé à ma promenade ; il fait trop humide et je sens que mes lombes sont un peu fragiles. La baigneuse était au rendez-vous. Nouveauté : elle ne laisse plus son vêtement près de la digue, mais l’emporte avec elle jusqu’aux vagues, le pose dans le sable ; il se mouille et elle ne le remet pas pour rentrer chez elle. Il y a là quelque chose que je ne comprends pas. Éléonore était sur la plage alors qu’elle revenait de son bain. Elles se sont regardées, souri ; Éléonore lui a dit : « Il fait froid, non ? » La baigneuse lui a simplement répondu par un sourire. Elle a une cinquantaine d’années, la peau halée, des ecchymoses sur les jambes…

Les mouettes passent au ras du balcon. L’une d’elles s’est posée sur le rebord extérieur de la fenêtre. Elle est y restée une bonne minute ; j’ai eu tout le temps de prendre mon appareil pour la prendre en photo. Elle me regardait, ne bougeait pas. Elle a fini par s’envoler. Éléonore a alors posé un morceau de pain sur le rebord ; elle est venue l’attraper du bec (mais peut-être était-ce une autre, il y en a tant). Je lui ai conseillé de ne pas le faire. « Ça peut-être méchant. » M’est revenue à la mémoire la scène avec la troupe de pigeons qui s’était attaquée à ma table, Campo San Giovanni e Paolo. C’était effrayant, et j’ai imaginé une bande de mouettes prendre d’assaut le balcon pour mendier de la nourriture…