Je regarde l’eau, la digue et, au loin, la Belgique. De temps à autre, je prends les jumelles, vise un bateau, un nageur, des marcheurs, un homme avec son chien, des joggeurs, puis les immeubles de Panckoucke au loin ; puis je cherche Marie qui, je le crains, nous restera invisible à cause de l’angle du bâtiment qui nous offre une vue magnifique, mais pas celle de Marie (ni, heureusement, celle de l’infrastructure portuaire avec ses usines). Je regarde tout cela et ne pense pas à écrire ou à lire. De toute manière, je n’en ai pas trop le temps. Il y a des achats à faire, des petits travaux, du rangement, des courses...

Nous avons déroulé les matelas, les avons posés sur le sol et je me suis demandé comment j’allais pouvoir dormir sur une couche si fine (je pensais à mes lombes). Puis j’ai ouvert l’une des bouteilles de vin que j’avais achetées la fois dernière (un St Chinian Roquebrun) tandis qu’elle préparait des toasts. Nous avons dégusté le tout sur le balcon – il faisait incroyablement doux – au son des vagues qui cherchaient leur chemin dans le noir...