La première était la « reconstitution » du ballet original de Nijinski (plus ou moins bricolée contrairement à ce qu’affirmait le jeune bellâtre aux trois patronymes qui présentait le tout : il ne s’agissait pas de la chorégraphie originale), la seconde une création, Sasha Waltz. J’avais précédemment lu qu’il restait très peu de traces du ballet de Nijinski et qu’il avait bien fallu essayer d’imaginer ; j’étais d’autant plus curieux de voir ça. C’est étonnant et d’une certaine manière extraordinaire : en une seconde, j’ai été transporté et j’étais, à ce moment-là, le jour même, lors de la première. J’ignore ce qui a produit cet effet-là, mais je suis resté tout du long bouche bée devant cette pantomime « lourdingue » (pataude ?) et, en même temps, extrêmement juste (ce n’est pas tout à fait vrai : à de nombreuses reprises, comme ça s’était produit à Arsenale, j’ai décroché et ne faisais plus qu’écouter, en m’émerveillant de nouveau face à ce prodige qu’est cette musique).