Je retourne prendre un autre verre d’ombra. Les chansons sont toutes de variétés italiennes que tout le monde connaît, même les jeunes, par petits groupes, qui les reprennent en chœur. Nous ne bougeons plus du sommet du pont, de cet endroit de choix qui semble être le centre d’un endroit qui pourrait devenir le nôtre. Je regarde autour de moi. Pourrait-ce être ici ? San Martino, qui nous a en quelque sorte attiré à lui, nous a-t-il signifié que c’est ici, dans ce coin de Castello que nous pourrions nous « installer » ? Je suis tout en haut, Susan est devant moi sur la première marche, je me serre contre elle, et puis, tout à coup, nous nous retrouvons à danser sur le faîte de ce pont, un pont de Venise à 21 h 00 le jour de la Saint Martin, dans une bruine dont à ce moment-là je me fiche complètement.