Je suis sur le balcon. La nuit est tombée, j’entends la mer sans la voir. Dans le noir, sur la plage, clignotent de petites lumières, des pêcheurs sans doute. J’ignore quelle est la température, mais avec l’un des gros cardigans que j’ai emportés, je n’ai pas froid du tout – sauf les mains, mais c’est habituel. Nous sommes arrivés en fin d’après-midi après un crochet par un magasin pour y acheter de la peinture. Avant le départ, plus tard que prévu, je tirais mon nez car je craignais, à cette heure-là, de tomber dans des bouchons et des queues interminables. Il n’en a rien été ; mais je trépignais car je voulais arriver avant la tombée de la nuit. Nous avons pu y assister du balcon dans nos deux fauteuils bleus, elle avec une blanche, moi une cigarette et un café…

Nous sommes allés faire des courses, elle a préparé le repas (chou-fleur, carottes dans un fait-tout vu à la télé qu’elle s’est acheté grâce aux vignettes du Carrefour Market), tandis que je versais le vin, un Pic St Loup un peu décevant. Il y a encore quelques lumières de pêcheurs dans le noir. Que pêchent-ils ? Des crevettes ?