Je suis allé les chercher à la gare, nous avons mangé ensemble. Laura semble avoir maigri, le petit est un bébé de huit mois. Romero a le physique et le visage d’un Américain du Sud. Il est souriant, calme (mais comment ne pourrait-il pas l’être ?). Il ne connaît que quelques mots d’anglais et je me suis efforcé, toute la soirée, de retrouver le peu d’espagnol que je connaissais mélangé, souvent involontairement, avec de l’italien. Ils étaient exténués après ce long voyage, ils sont allés se coucher aussitôt après le repas. Je me suis laissé tomber dans le fauteuil du salon avec le mois d’octobre de la Rue. J’avais sorti le coffret d’Éléonore il y a deux jours pour le montrer à Hermès qui n’en avait pas le souvenir (alors qu’il avait été présent à la lecture) ; nous nous trouvions face à la vitrine, je l’avais posé sur le côté. Hier, après la vaisselle et le rangement, je suis passé devant elle et l’ai vu. J’y ai passé le doigt et ai remarqué que l’un des livres était beaucoup plus épais que les autres ; c’était le mois d’octobre (ça l’est toujours). J’en ai lu une bonne moitié avec un certain plaisir. Puis je suis monté.