Ludo qui me parle de La Disparition !

C’est un collègue, un type tout à fait ordinaire. Nous nous croisons depuis des années, nous serrons la main, n'échangeons jamais que quelques banalités. J’étais dehors à fumer. Il est sorti, s’est arrêté à côté de moi, a allumé sa cigarette. « Ah, plus qu’une demi-heure, je suis crevé, vivement que je rentre. Je sais pas ce que j’ai en ce moment, mais à trois heures du matin je me réveille et je ne peux plus me rendormir. Mais je suis chez ma mère en ce moment, et je vais me coucher à sept heures et demi, huit heures. » « Huit heures ? » « Elle regarde des trucs qui m’intéressent pas à la télé, alors je vais au lit et je bouquine. Je déteste bouquiner. Mais bon, alors je bouquine. C’est incroyable ce que j’ai lu depuis. Là, j’ai lu quatre romans en un rien de temps. Je bouquine jusqu’à vingt-deux heures, puis je m’endors. Je bouquine des romans policiers, et puis j’en ai lu un marrant, un bouquin sans e. C’est un type qui a écrit un bouquin sans e, La Disparue, je crois. » « La Disparition. De toute façon, dans disparue, il y a un e. » « Ah oui. » Il rit. « C’est incroyable quand même, un livre sans e ! Et il y arrive ! Et en plus, c’est bien. C’est vraiment épatant ! » Il a écrasé sa cigarette et est parti sans me laisser le temps de lui demander comment La Disparition lui était tombé entre les mains.