J’ai enregistré le concert de Sosthène à la Renaissance, constitué de ballades anglo-saxonnes. Ce sont des reprises, mais à sa manière (on pourrait alors dire qu’il reprend comme on reprend un vêtement, une chaussette). C’est très étonnant et réussi. Il chante, s’accompagne à l’acoustique, il y a Folie à l’électrique (et au bottleneck) et un batteur. Sosthène n’avait pu s’empêcher d’y mettre du sien, de les agrémenter à sa sauce (trompette avec anche, bruits divers, envolées en boucles à l’aide d’un looper). Son anglais est toujours aussi approximatif, mais le timbre de sa voix (et sa manière de chanter) compense largement ; l’accent n’a aucune importance (et il ne le force pas, n’est en rien ridicule comme c’est souvent le cas lorsque les chanteurs français se mettent à ahaner l’anglais). C’était un très beau moment… Je me suis occupé au maximum de Romero pour qu’il ne se sente pas perdu. Il a beaucoup aimé (« psychedelic music », dit-il) ; malheureusement, ça s’est arrêté là ; j’aurais aimé en parler davantage avec lui, mais c’était impossible à cause de la langue… Il y avait une trentaine de personnes dont, comme souvent, quelques saoulards qui sont restés à côté sans rien écouter. Pourquoi viennent-ils ? (Mia est toujours aussi belle ; à un moment donné, j’étais à deux doigts de l’embrasser – ça a duré une fraction de seconde : l’amorce d’un mouvement de ma tête vers elle qui a été arrêté par la présence de Romero ; sinon, je pense que j’aurais posé mes lèvres sur les siennes.)