Après l’Escadrille, je suis allé place des Rênes retirer de l’argent, puis j’ai acheté du pain, suis rentré, suis allé faire quelques courses au Carrefour Market. Elle avait fini la cuisine, s’attaquait au balcon ; je l’ai achevé alors qu’elle préparait à manger ; je peignais le balcon avec la mer à mes pieds. Après avoir mangé un morceau, nous avons pris la route du retour. Elle ne voulait pas partir, mais elle avait deux rendez-vous à Tourbe. « Je veux arrêter de travailler, vivre ici et ne rien faire d’autre que marcher sur la plage, lire et rêver. » Odin est arrivé avant-hier (il a doublé de volume, peine à marcher, se plaint de son dos, porte une grosse ceinture herniaire ; il parle toujours autant, et la conversation est toujours aussi difficile à cause de sa surdité). Il a commencé à peindre les murs de la chambre (avec son habituel souci du détail, de la finition, c’est interminable) jusqu’au moment où elle a décidé de changer la couleur et lui a demandé de s’attaquer au sol. Ça a évidemment pris beaucoup plus de temps qu’elle ne le pensait (« on m’a dit que c’était un jeu d’enfant ! » elle n’en démord pas) et il n’avait pas fini lorsque nous sommes partis. Ça ne m’a en rien étonné ; il prend son temps, est minutieux, et je savais que ça allait être délicat et laborieux. Au soir, nous l’avons emmené à la Moule qui rit.

(Auparavant, Éléonore avait proposé de prendre l'apéritif sur la plage. Nous y sommes allés avec les chaises pliantes, des bouteilles, des verres et des toasts. Nous nous sommes installés sur le sable, à une dizaine de mètres de la digue, la marée était basse. À quelques mètres de nous, est venu gesticuler un groupe de sportifs. Une deux, une deux. L'air était d'une incroyable douceur...)