Le ciel est au ras des vagues, un homme court. Je vais tenter de lire. Ça ne va pas être simple ; rien à faire : impossible de ne pas regarder la plage, la mer (je suis dans un avion, le hublot fait quatre mètres carrés et l’appareil rase la terre, immobile). Je suis le balcon (lapsus intéressant) avec ma première cigarette. Hier soir, j’ai constaté avec effroi que j’avais oublié de laisser un carnet de feuilles ici, alors qu’au retour de Panckoucke, je m’étais constitué un coin fumeur dans l’un des placards : essence, pierres à briquet, tabac. Il me restait quatre feuilles. Je n’ai pas achevé la dernière, je n’en avais pas envie, il en reste la moitié. Aussitôt celle-ci finie, je sors en acheter, ce sera un but de promenade le long de la plage. Je suis en flip-flops, peignoir et pantalon ; il fait frais, mais c’est très supportable. Le balcon en caisson est un excellent rempart contre le froid et le vent. À l’intérieur, il fait vingt degrés, sans chauffage. C’est incroyable.

(Je n’arrive pas à lire, mais je peux écrire.)

(Nous avons dormi dans le séjour, la baie vitrée du balcon était grand ouverte ; le son des vagues à marée haute n’est pas loin d’être assourdissant, ça m’a réveillé à plusieurs reprises.)