L’Escadrille sous le vent. À l’aube, des bruits au-dessus de nous nous ont réveillés. C’est la nouvelle voisine… Odin était arrivé avec sa voiture chargée à bloc, je l’ai aidé à décharger et à monter le tout (la porte-accordéon par l’escalier). Il s’était garé face à la porte d’entrée, dans l’allée principale se trouvait une camionnette. Deux hommes nous ont demandé si nous pouvions leur céder la place parce qu’ils devaient décharger (j’avais frémi en apercevant à l’intérieur une machine à laver, un fauteuil). Il y avait un troisième homme au volant, une dame d’un certain âge, plutôt bon genre, qui se tenait sur le côté avec une expression illuminée, enfin un adolescent. J’ai immédiatement pensé à l’appartement de gauche à louer ; je n’ai pas pensé à celui du dessus, à louer aussi. C’est celui-là qu’elle allait occuper et occupe. Bizarrement, il y a eu peu de bruit durant l’emménagement, mais au soir, elle n’a cessé d’aller et venir dans ses souliers à talons. « Peut-être qu’elle cherche ses pantoufles », ai-je dit à Éléonore. En cours de soirée, ça a cessé. « Elle les a trouvées », ai-je dit. Apparemment pas, car ce matin, nous l’avons de nouveau entendue marcher avec ses souliers à talons… Je doute fort que l’un des trois hommes ou l’adolescent soit avec elle ; elle serait donc seule. (Il était manifeste que c’était elle qui emménageait et qu’elle était seule ; Odin a eu la même pensée.) Bon genre, mais elle semble méconnaître l’usage des pantoufles ou autres chaussures à semelles et ailes douces. Je l’ai baptisée « miss Prout-prout ».  

(Un couple d’Italiens vient de s’installer à la table voisine.)