Je suis sur le balcon avec un café, une cigarette et un Bailey (alors que je ne bois jamais de cette sorte de liqueur). Sur la plage, je vois la lueur d’une torche électrique. C’est entre Frelinhoeke et ici. La marée est basse, un homme est sur la plage, balaie le sable à l’aide de sa torche, cherche quelque chose. Je prends les jumelles et le suis. Sur la digue, se tient une voiture, tous phares allumés en direction de la Belgique. Je suis l’homme et, par moments, il me semble voir, dans le faisceau de sa torche, la forme d’un animal, d’assez grande taille, comme un poney. C’est fugace, indistinct. Il cherche ; je pense à la police, à une personne perdue. Au bout d’un moment, la voiture se déplace légèrement de manière à ce que les phares éclairent la plage (j’ai été stupéfait de la distance qu’ils couvraient). L’homme regagne la voiture ; je distingue alors POLICE sur les portières, puis entends les aboiements d’un chien (c’est sans doute la forme que j’ai vue dans le faisceau de la torche). Puis les phares s’éteignent ; seuls restent allumés trois feux rouges à l’arrière. L’homme – le flic – retourne sur la plage, mais reste près de la digue. À quelques reprises, il utilise de nouveau sa torche, puis plus rien. Cela fait dix minutes que plus rien ne bouge ; seuls sont allumés les trois feux rouges à l’arrière. Je les vois de ma place à la table de la cuisine…

 

(Toute la digue de Mélo, du Kuursaal jusqu'au poste Scalaire, est éclairée toute la nuit par des réverbères. En direction de la Belgique, il y a ensuite deux lignes de réverbères : l’une du poste Scalaire jusqu’au suivant près du Bonobo, l’autre jusqu’à la fin de la digue à Frelinhoeke. La première est éteinte en cours de soirée, tandis que la seconde reste allumée toute la nuit pour trois maisons et deux cahutes. C’est dans l’obscurité de la première que se tenait la voiture des flics.)

 

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