« Charlie will ring the bell in any minute, his car broke down. » C’est ce que m’avait dit Éléonore alors que je refermais la porte d’entrée derrière moi. Je suis monté, me suis changé, ai allumé l’ordinateur et ai fait ce que je savais ne pas pouvoir faire en fin de soirée. Éléonore m’a ensuite appelé pour le repas. Je suis descendu, Charlie était dans le jardin à discuter avec Ursula. En le voyant, je me suis senti mieux et étais prêt à mieux affronter cette énième soirée forcée. Il est drôle, cynique, volubile, j’aime bien Charlie. Il m’a raconté sa mésaventure, c’est-à-dire son embrayage changé il y a six mois qui l’a lâché à Douvres alors qu’il revenait en France. Sa voiture est dans un garage, l’embrayage est garanti, mais il faut attendre le passage des experts, c’est-à-dire dans une dizaine de jours. C’est à ce moment-là que j’ai tiqué : combien de temps allait-il rester à la maison ? Je ne lui ai pas demandé d’autres précisions, par pure superstition : je pense que je n’aurais pu « supporter » d’entendre à ce moment-là : « so I’ll wait here for the experts to check the car ». Et dans mon esprit s’est dessiné le scénario suivant : pour une raison quelconque, Ursula ne peut prendre son train demain après-midi et ils restent tous deux à la maison pendant dix jours…