J’ai passé une demi-heure sur le balcon avec un café, une cigarette et la dernière grille de mots croisés du supplément de L’Immonde ; il faisait tout de même un peu froid. À présent, je vide les sacs qu’Éléonore m’a confiés, combles d’une multitude de choses pour la cuisine. En même temps, je pense à son opération proche – j’aurais voulu être là pour la conduire, l’attendre, être avec elle. Je sors des sacs des choses qui me font sourire – un drôle de plumeau vert sorti de je ne sais où, des ustensiles dont j’ignore la fonction, des raviers en plastique, un plat, un rince-vaisselle – et j’imagine qu’elle ne les utilisera pas, que la maladie l’en empêchera. Et son ordinateur qui tombe en panne. « Ce n’est pas un très bon début, n’est-ce pas ? » m’a-t-elle dit avant que je ne parte.

J’ai ressorti ma cigarette électronique cassée et tire dessus en regardant la mer…