J’ai passé trois heures dans la salle d’attente, alors qu’il n’y avait que six ou sept personnes devant moi. Alors ? Alors, ce n’était pas mon médecin habituel, mais un remplaçant. « Vous remplacez le docteur ? » lui ai-je demandé comme si ça ne se voyait pas. « Oui. » « Il a arrêté ? » C’était tout aussi stupide. « Non, il est en congés. » C’est sans doute son apparence qui m’a poussé à lui poser ces questions idiotes. Lorsque la porte s’était ouverte sur le patient suivant, j’avais déjà été pris d’un doute : il avait l’air d’un adolescent et je m’étais demandé s’il ne s’agissait pas d’un assistant ou d’un quelconque stagiaire. J’avais même posé la question à mon voisin. « C’est le remplaçant du docteur ? » Non seulement il était jeune, mais en plus donnait l’impression qu’il s’agissait de sa première consultation ; c’est peut-être le cas : sa première journée en tant que médecin. Il avait l’air de répéter sa leçon et ça m’a un peu inquiété. Il a malgré tout fait son boulot et a diagnostiqué une laryngite (il m’a expliqué en quoi ça consistait, comme si je sortais d’une caverne – mais c’était peut-être pour lui-même, pour être sûr de ne pas s’être trompé)…