Je ne saurais dire exactement pourquoi j'ai rebroussé chemin, pourquoi, une fois arrivé sur le trottoir et m'être délesté de cette chose répugnante qu'était devenu mon mouchoir (reliquat innommable de notre nuit, souillure inqualifiable dont je devais me débarrasser au plus vite – et de la même façon, je reste tout à fait incapable d'expliquer la raison première de ce dégoût), je n'ai eu d'autre idée que de revenir sur mes pas, remonter les escaliers jusqu'au troisième étage pour y retrouver Épiphanie que je savais pourtant prête à partir, à quitter son appartement où elle ne devait revenir qu'en fin d'après-midi.

Qu'avais-je précisément en tête, je l'ignore. La retrouver ? c'était irraisonné et puéril. Revoir l'appartement ? j'eusse été tout à fait incapable d'en décrire la moindre part – et de surcroît, n'en avais strictement rien à ficher. Était-ce alors un oubli ? mais de quoi puisque je n'avais rien retiré de mes poches, m'étant contenté d'ôter mes vêtements en arrivant et de les remettre en repartant ? Ou bien était-ce quelque chose qui subitement – et inconsciemment – m'était revenue en mémoire, quelque singularité dont il me fallait à tout prix et au plus vite vérifier la réalité de la présence ? mais je n'avais eu d'yeux que pour elle de la première à la dernière seconde, ultime instant où la porte de la salle de bains a occulté à ma vue le reflet dans le miroir de sa gorge déjà habillée de bonnets...