p. 15 :
« Les peintres et les photographes te le diront. Les états d'âme, c'est une question d'éclairage... C'est comme cela qu'on fait du cinéma. Tu prends un imbécile qui ne pense à rien ; tu lui fourres un projecteur dans l'œil en gros plan et cela te donne Pascal méditant le roseau pesant. »
J'aime beaucoup ce général-là ! (Paul Meurisse, qui, apparemment, semble être beaucoup d'Anouilh, a créé la pièce. Il est bon de la lire en l'ayant à l'esprit...)

p. 22 : dans la bouche du général face au docteur qu'il veut enrôler dans sa cabale :
Le docteur :
« Nierez-vous que l'idée du bonheur terrestre du plus grand nombre
soit devenue un de nos impératifs ?
– Je n'ai pas à le nier. Je ne sais pas ce que c'est que le plus grand nombre. Je me demande bien pourquoi on voudrait m'attendrir avec ça ! Je connais les hommes, un par un, c'est tout. Il y en a des bons et des médiocres. C'est en fonction de ça que je m'intéresse à eux.
Un imbécile pour vous, c'est sacré ?
– Non... pourquoi ?
– Deux imbéciles, c'est un imbécile plus un autre imbécile. Ce n'est toujours pas sacré. Et mille imbéciles, c'est neuf cent quatre-vingt dix-neuf imbéciles plus un autre imbécile en prime. Je ne vois pas au nom de quelle loi du nombre, cette collection d'imbéciles prendrait un caractère de plus en plus sacré au fur et à mesure qu'elle s'accroît ! »

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