J’ai entamé l’examen de mes achats, double pile que j’ai posée à la droite du sofa et dont un à un je les prélevais. J’ai entamé La Grotte. Au bout d’une vingtaine de pages, mes paupières ont tremblé, puis mes yeux se sont fermés. Je me suis secoué, les ai rouverts pour les refermer une ou deux minutes après. Je me suis de nouveau ébroué. Que m’arrivait-il donc ? Je me suis forcé à poursuivre et de nouveau cette irrésistible envie de dormir. Mais était-ce une envie de dormir ? Non. Ce n’était pas comme du sommeil, mais comme quelque chose d’imposé, à la manière de cachets contre l’effet desquels on est parfaitement impuissant. J’ai tenu bon pourtant. J’ai posé Anouilh sur le côté, ai poursuivi l’examen jusqu’au Cavalier  de Sollers. En ai lu quelques pages pour de nouveau replonger. Mais cette fois quelques minutes, minutes de quasi léthargie. Je l’ai posé sur le côté, ai repris Anouilh. Mais impossible de résister et l’ayant de nouveau posé sur le côté, je me suis laissé aller, tout en luttant, drôle d’état de combat entre une sorte d’inconscience et de conscience auxquels j'étais parfaitement étranger.