Moi, je les hais tous, tous autant qu'ils sont, je les hais tous, à commencer par ma femme et ses trois chiares dont je ne crois pas encore tout à fait qu'ils puissent être les miens, car quand ? où ? et comment ? quand et où cela a-t-il pu arriver ? et comment est-ce arrivé ? comment ai-je pu à un moment ou un autre oublier, m'oublier ? égarer, m'égarer ? comment ai-je pu permettre que cela arrive ? Ou alors a-t-elle profité de mon sommeil, que j'ai léger pourtant, très trop léger et alors ce n'est pas ça, et peut-être a-t-elle glissé je ne sais quel perlimpinpin dans mon café noir du soir, trois fois de suite, une dose pour chacun d'eux, et a-t-elle pu ainsi venir s'empaler, sans vergogne, se planter impunément sur mon sommeil – sauf lui, sale traître et sinistre dard ! – assoupi qu'elle a dû réveiller en douceur tout d'abord, doucement doucement, puis qu'elle a dû cajoler et dorloter, je la vois très bien, avant de lui porter les premiers coups, jusqu'à ce qu'il se réveille tout à fait – et moi pendant ce temps-là qui dort, assommé, parti, inexistant ! - et l'appelle à lui et aille se relâcher en elle qui gigote et se tortille sur mon corps mort, endormi, assommé, écrasé, anéanti par son sommeil en bouteille.