Je relisais le journal de la Rue ; c’était l’après-midi, il devait être 15 h 00. J’en étais au passage où, janvier 1991, je parlais de l’éventualité d’une guerre et de mes questions quant à mon comportement face à une telle situation. Puis, lorsqu’une heure plus tard, Régis nous a dit que deux Boeing s’étaient encastrés dans le World Trade Center, j’ai ri. Régis est un plaisantin, alors j’ai ri. Brièvement, j’ai revu quelques images de livres de science-fiction, puis de films-catastrophe, et j’ai ri. Puis Patrick est arrivé qui a dit : « C’est la guerre ! » J’ai repensé à ce que j’avais lu une heure auparavant, et comme Patrick est aussi un plaisantin, j’ai continué à rire. En rentrant, pourtant, j’ai allumé la télévision. La première image a été celle d’un avion venant percuter la 2e tour du World Trade Center.

J’ai repensé à ce que j’avais lu, repensé aux images qui m’avaient accompagné sur la route du retour, livres et films entremêlés, et je n’y ai pas cru. J’ai passé les deux heures suivantes face à l’écran et je n’y ai pas cru. Et je n’y crois toujours pas