Des politiqueux qui seraient venus, ou passés, simplement, sur la route qui mène au Furet dont c'était l’inauguration hier et dont la fermeture est déjà programmée, dont le maire, et des attachés (à quoi ?), sourires, serrements de mains, et puis des journaleux en pagaille pour mieux mimer la danse du soutien, Claire donc fatiguée, excédée, désabusée, et Didier qui a eu un malaise, et qui n’était pas très frais encore aujourd'hui, lui qui, je le pense, aime sincèrement – et inexplicablement – cette ville, qui organise, soutient, se démène pour une existence honorable et juste du livre, pour une simple intelligence de l’humanité, qui, aux côtés de Claire, s’efforce, au prix de ses forces, de conférer un peu de dignité à cette ruine monumentale qu’est Roubaix, ce corps atrophié fait de briques sales, de terrains vagues, de mauvaise architecture et de socialité veule et irresponsable...