Ne restait plus qu’à la préparer pour sa nuit en solitaire, immobilisée dans son lit : un plateau avec le reste du repas du midi, des cachets, de l’eau, de la lecture, le téléphone, ses cigarettes et un cendrier malgré mes réticences à la voir fumer au lit. J’ai éteint toutes les lumières, sauf celle de chevet de son lit. Elle était prête, j’étais prêt. Mais je ne parvenais pas à partir tant il me paraissait inconcevable, irréel, de laisser ainsi une personne seule et immobilisée pendant plus de douze heures. « Ne t’en fais pas, tout ira bien. » Je ne m’en suis plus fait et l’ai « abandonnée ».