Vers 19 h 00, le téléphone sonne : Marianne.

« Comment ça va ? » « Ça va. » « Bonne année. » « Bonne année. » « Alors, ça s'est bien passé le nouvel an ? » « Très bien. » « On n'est pas restés, parce qu'on s'ennuyait, et c’est pas comme ça qu’on envisageait de passer la soirée. » « Chacun fait ce qu'il veut. » « Au fait, faudra qu'on te rende les deux verres. » « Quels verres ? » « Mais si, les verres avec la fleur de lys ! » « Fleurs de lys ? » « Ben oui, on est passé dans la cuisine rechercher nos bouteilles et sans faire exprès on a pris les paquets avec les verres. » « Ah ? » « Mais si, les verres ! » « Ah bon. » « En tout cas, on l'a pas fait exprès, et puis, tu vois, je suis honnête, car j'aurais pu les garder. » « Ben oui. » « Vous passez boire un coup demain ? » « Demain, je ne suis pas là. » « Et Susan, elle est là ? » « À l'instant, elle n'est pas là, mais demain, je ne sais pas ; de toute façon, moi je ne serai pas là. » « Ah bon ? » « Oui. » « Bon, alors, à la prochaine. » « C'est ça, à la prochaine... »

 

Les verres en question, je l'ai compris lorsqu'elle a parlé de paquets, ne sont autres que ceux que Francine nous avait apportés, Francine qui avait parlé d'un cadeau à Susan ce jour-là, cadeau qui était resté invisible le lendemain et ce jusqu'à aujourd'hui...

Je ne vois pas ce que je peux ajouter à ce triste échange...