J’ai fermé le cahier, ai considéré la pile des livres à ma droite et, sans réfléchir, en ai tiré Théâtre II, l’ai ouvert, en ai lu les premières pages (La Répétition) tout en savourant la douceur des pages sous mes doigts, l’ai emporté en bas, ai lu les trois premiers actes, me suis mis au piano pendant une heure, puis ai lu le quatrième avant de tout éteindre (sauf le hall d’entrée) et de monter – je lirai le cinquième et dernier tout à l’heure au lit. (Je lis et me demande pourquoi j’aime Anouilh ; Sosthène, l’autre jour, à Bruxelles, me disait qu’il n’aimait pas ; je ne lui ai pas demandé pourquoi, ai simplement dit : « moi, je l’aime » ; je le lis, je me dis que ça me plaît, que je ne peux décoller, et me demande pourquoi ; le mot « cynisme » me parvient, aussitôt suivi de celui de « cruauté », puis « désillusion », « désenchantement » et enfin : « il n’y en a pas un pour racheter l’autre » – et je pense que c’est vrai ; jusqu’à la fin du quatrième acte, je pensais que Lucille allait s’en sortir ; et puis non – et le cinquième acte n’y changera rien). Je devrais essayer d’écrire une pièce de théâtre. (D’autres mots encore, des adjectifs cette fois : grinçant, cinglant, acerbe, impitoyable.)

Midi. Il fait de nouveau du soleil (quoiqu’avec un léger vent frais), j’en ai profité pour lire au jardin (je lis beaucoup en ce moment, belle période de lecture frénétique), Cécile que j’avais entamé au lit après le cinquième et dernier acte de La Répétition (tandis que Cécile n’en a qu’un) et, dans la foulée, au lieu de L’Hurluberlu (hurluberlu ; d’où peut provenir ce nom ?) qui suit, Une ardente patience. J’en ai lu la moitié (tout en étant à l’affût de mon cœur qui, de nouveau, fait des siennes ; c’est le tabac, j’en suis sûr ; depuis hier, palpitations, légères douleurs pulmonaires, bouche irritée, il va falloir prendre une décision si je ne veux pas que Mai soit orphelin)…

Je n’ai rien à dire de Cécile… À noter : la note de bas de page au début du quatrième acte de La Répétition ; je ne me souviens pas qu’elle figure dans l’autre édition que je possède. Je vais aller voir de ce pas… Je découvre avec stupéfaction que je ne possède pas La Répétition alors que je suis sûr de l’avoir lue et donc de l’avoir (à moins qu’elle ait un autre nom)…

 

9 mai 2013