Un jour étrange vient de rendre l’âme. Ce midi, Léo et moi avons fait la connaissance d’Adolpha. C’était chez elle, rue des Anges (c’est la voisine de Mia), pour le déjeuner. Y étaient conviés le grand Guy et sa compagne, Charles et Mia… Macédoine, œufs durs, mayonnaise, puis rôti de porc et croquettes de pomme de terre à l’ail (des « bourlettes » comme les appelle sa voisine qui lui a fourni la recette) pour terminer par un merveilleux qu’avait apporté Mia et de la vodka ; un vrai repas des familles tel que personne n’en avait mangé depuis l’enfance. Je m’en suis mis jusque là… « Adolpha est une pièce », comme je viens de l’écrire à Mia, une figure. On s’en doutait déjà à la lecture des premières pages de l’histoire de sa vie ; mais il y manquait l’image : tonus, une pêche d’enfer, gouaille du chti populaire, elle chante du Piaf (avec une très belle voix), avale des canettes à la file, enchaîne les cigarettes… Elle en a bien bavé, a même tué l’un de ses maris d’un coup de fusil (« je voulais seulement le blesser »), prison, puis d’autres misères que nous découvrirons au fil de son écrit ; on a du mal à croire que tout cela se passe durant les années soixante dans une grande ville de France (je venais de naître)…

 

22 août 2011