Comme bon nombre des habitants de la rue V., Barthélémy n’est pas parti en vacances cet été. Cependant, à la différence de ces derniers, ce n’est pas faute d’argent ou du fait d’autres occupations qu’il s’est vu contraint de rester chez lui. C’est simplement parce qu’il n’aime pas ça.

Barthélémy n’aime pas les vacances, et davantage encore – ceci expliquant cela – n’aime-t-il pas les congés. Et c’est bien la raison pour laquelle il ronge son frein, fulmine, rumine de mauvaises pensées, tourne en rond entre ses murs comme un damné : de curieuses lois sociales, et autres conventions collectives, l’empêchent cinq semaines par an et deux jours par semaine, de se rendre sur son lieu de travail, seul endroit au monde où, durant douze heures par jour, il acquiert la faculté suprême de ne pas penser...