C'est ce qu'il y avait d'indiqué en légende de la reproduction en couleurs d'un moine transi et extatique priant dans un cadre doré à gauche de la porte d'entrée de la salle d'attente : St Benoît-Joseph Labre(1748-1783). Ça m'a paru suffisamment bizarre pour que je me promette de vérifier chez moi en rentrant, histoire de voir quel pouvait être le lien entre ce mystique et Martine... Mais un lien, pour quoi faire ? Qu'est-ce que j'en avais à faire, après tout ? J'en avais déjà bien assez avec mes douleurs et ma trouille pour en plus me préoccuper de ça !... et d'un saint, de surcroît !...

Mais pour l'heure, il y avait mes douleurs, ces espèces de piques et de griffes qui me raclaient les poumons depuis le matin, et tout ce feu qui me montait à la gorge à ce point qu'il me semblait que lorsque j'ouvrais la bouche il en sortait. Et puis la toux, et puis le crâne, et pour clore le tout, le nez qui n'en finissait pas de couler, que j'en avais déjà rempli trois mouchoirs, tous fourrés en boule au fond de ma poche de pantalon et tellement trempés que ça me collait à la peau